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Les différentes formes d’accompagnement par un AESH : mutualisé, individuel ou collectif

Un AESH (Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap) est un professionnel chargé de faciliter la scolarisation et l’inclusion d’un enfant ou d’un adolescent handicapé dans une école ordinaire. Selon les besoins spécifiques de chaque enfant, l’accompagnement peut prendre trois formes distinctes : mutualisé, individuel ou collectif. Chacune de ces modalités répond à des situations et des niveaux de besoin différents.

Cet article explique les caractéristiques de chaque type d’accompagnement, comment les demander et comment se déroule concrètement la mise en place auprès de l’enfant à l’école.

L’accompagnement AESH mutualisé : partager un professionnel avec d’autres élèves

L’AESH mutualisé (ou à temps partagé) intervient auprès de plusieurs enfants en situation de handicap au sein du même établissement scolaire. Contrairement à l’accompagnement individuel, un même AESH ne suit pas un seul enfant mais répartit son temps entre plusieurs élèves selon leurs besoins.

Caractéristiques principales :

  • Un AESH accompagne entre 2 et 4 enfants selon les besoins
  • Les horaires sont partagés entre les différents élèves (par exemple, 12 heures pour l’enfant A et 8 heures pour l’enfant B par semaine)
  • Le coût pour l’éducation nationale est moins élevé qu’un accompagnement individuel
  • L’AESH assure les mêmes missions : aide à la toilette, mobilité, communication, suivi pédagogique adapté
  • Généralement proposé pour les enfants dont le besoin d’accompagnement est modéré à intermédiaire

Avantages de l’AESH mutualisé :

  • Favorise les interactions sociales entre les enfants accompagnés
  • Limite la dépendance vis-à-vis d’un seul adulte
  • Plus facile à mettre en place que l’accompagnement individuel
  • Permet d’inclure davantage d’enfants dans les écoles ordinaires

Inconvénients potentiels :

  • Moins de disponibilité de l’AESH pour chaque enfant
  • Nécessite une bonne coordination du professionnel pour gérer plusieurs enfants
  • L’enfant doit être capable de fonctionner partiellement en autonomie entre les interventions de l’AESH
💡 Cas pratique : accompagnement mutualisé en école primaire

Marie a une cérébral-paralysie et des difficultés de motricité fine. L’AESH mutualisé intervient 10 heures par semaine auprès d’elle pour l’aider à la toilette, à l’habillage et à l’écriture. Pendant ce temps, l’AESH accompagne aussi Thomas, enfant autiste, 10 heures par semaine pour les transitions entre activités et le suivi des règles sociales. Les deux enfants sont dans la même école mais dans des classes différentes.

L’accompagnement AESH individuel : un professionnel dédié à un seul enfant

L’AESH individuel (ou à titre individuel) est entièrement dédié à un seul enfant en situation de handicap. Cet accompagnant le suit tout au long de la journée scolaire ou selon les horaires définis dans la décision de la MDPH.

Caractéristiques principales :

  • Un seul AESH pour un seul enfant
  • Disponibilité complète selon le volume d’heures accordé (temps plein ou partiel)
  • L’AESH accompagne l’enfant dans toutes les activités scolaires : classe, récréation, cantine, sorties
  • Généralement proposé pour les enfants ayant des besoins importants ou très importants d’accompagnement
  • Coût plus élevé pour l’éducation nationale

Avantages de l’AESH individuel :

  • Continuité de l’accompagnement et stabilité émotionnelle pour l’enfant
  • Réponse complète aux besoins spécifiques de l’enfant
  • Meilleure connaissance des particularités et des habitudes de l’enfant
  • Permet une scolarisation en classe ordinaire même pour les besoins très importants
  • Facilite la mise en œuvre du projet personnalisé de scolarisation (PPS)

Inconvénients potentiels :

  • Peut créer une dépendance affective vis-à-vis de l’AESH
  • Moins d’interactions sociales avec les autres enfants si l’AESH fait écran
  • Coût budgétaire important pour l’académie
  • Difficultés de remplacement en cas d’absence de l’AESH
⚠️ Veiller à l'autonomisation progressive

Même avec un AESH individuel, il est important que l’accompagnant favorise progressivement l’autonomie de l’enfant et ne crée pas une relation de dépendance exclusive. Les AESH sont formés pour se rendre progressivement moins nécessaires et encourager l’enfant vers plus d’indépendance.

💡 Cas pratique : accompagnement individuel pour un enfant autiste

Lucas, 8 ans, a un trouble du spectre autistique avec des difficultés de communication importantes. Il a besoin d’un accompagnement individuel 30 heures par semaine pour l’aider à gérer les transitions, les repères spatiaux et les interactions sociales. Son AESH, Véronique, le suit partout à l’école et l’aide à suivre le déroulement de la journée. Au fil du temps, Véronique l’aide à développer des outils visuels pour progressivement gagner en autonomie.

L’accompagnement AESH collectif : un professionnel pour un groupe d’enfants

L’AESH collectif accompagne un groupe structuré d’enfants en situation de handicap, généralement dans le cadre d’une classe ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) ou d’un dispositif inclusif spécifique.

Caractéristiques principales :

  • Un ou plusieurs AESH interviennent auprès d’un groupe d’enfants (généralement 12 enfants maximum par AESH collectif en ULIS)
  • Travail en lien étroit avec l’enseignant spécialisé ou coordinateur du dispositif
  • Aide à la vie quotidienne et soutien aux apprentissages adaptés du groupe
  • Les enfants du groupe partagent un même espace ou des activités communes
  • Peut inclure des interventions dans les classes ordinaires pour certains enfants du groupe

Avantages de l’AESH collectif :

  • Crée une dynamique de groupe et des interactions entre pairs en situation de handicap
  • Permet à des enfants avec des besoins complexes d’accéder à la scolarité
  • Favorise l’inclusion progressive vers les classes ordinaires
  • Coût budgétaire plus optimisé que l’accompagnement individuel
  • Travail collaboratif enrichissant avec l’équipe pédagogique

Inconvénients potentiels :

  • Moins de personnalisation que l’accompagnement individuel
  • L’AESH doit gérer plusieurs enfants aux besoins différents simultanément
  • Peut ne pas répondre aux besoins très spécifiques de chaque enfant
ULIS et accompagnement collectif

Les classes ULIS accueillent en moyenne 12 élèves avec des troubles des apprentissages, du handicap moteur, visuel, auditif ou du spectre autistique. L’AESH collectif y joue un rôle de soutien important aux côtés de l’enseignant spécialisé. Certains enfants de la classe ULIS peuvent suivre des cours dans les classes ordinaires avec l’aide de l’AESH.

Tableau comparatif : mutualisé vs individuel vs collectif

Critère Mutualisé Individuel Collectif
Nombre d’enfants accompagnés 2 à 4 enfants 1 enfant Groupe (généralement 12 max)
Volume horaire Partagé selon les besoins Complet ou partiel (selon PPS) Réparti sur le groupe
Niveau de besoin Modéré à intermédiaire Important à très important Variable selon les enfants du groupe
Personnalisation Moyenne Très élevée Limitée
Continuité relationnelle Moyenne Très élevée Moyenne
Coût Modéré Élevé Modéré
Interaction sociale Favorisée (partage AESH) À favoriser activement Favorisée (groupe)

Comment demander un accompagnement AESH ?

Quelle que soit la forme d’accompagnement souhaitée, la demande doit passer par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). C’est l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH qui évalue le type d’accompagnement le plus adapté à chaque enfant.

Étapes pour demander un AESH :

  1. Obtenir un certificat médical détaillé décrivant le handicap et les besoins d’accompagnement
  2. Constituer un dossier MDPH avec le formulaire Cerfa et tous les documents justificatifs
  3. Soumettre le dossier à la MDPH du département de résidence
  4. Participer à l’évaluation multidisciplinaire (entretien avec médecin, psychologue, etc.)
  5. Recevoir une décision de la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie) précisant : la forme d’accompagnement (mutualisé, individuel ou collectif), le volume horaire, la durée de validité
  6. L’école organise la mise en place avec l’académie et le recrutement ou affectation de l’AESH
⚠️ Délai de traitement MDPH

Le délai d’instruction d’une demande d’AESH est généralement de 3 à 4 mois à partir de la réception complète du dossier à la MDPH. Il est recommandé de déposer la demande au moins 4 à 5 mois avant le début de l’année scolaire pour laisser le temps à la MDPH et à l’académie d’organiser l’accompagnement.

Le rôle exact de l’AESH selon la forme d’accompagnement

Bien que les missions de base soient similaires, l’investissement et la proximité de l’AESH varient selon qu’il s’agit d’un accompagnement mutualisé, individuel ou collectif.

Missions communes à toutes les formes :

  • Aide à la vie quotidienne (toilette, habillage, repas, hygiène)
  • Aide à la mobilité et aux déplacements
  • Facilitation de la communication et des interactions sociales
  • Soutien aux apprentissages (pas enseignement) selon le PPS
  • Surveillance et sécurité
  • Gestion des comportements difficiles si nécessaire
  • Collaboration avec les parents et l’équipe pédagogique

Spécificités selon la forme :

  • AESH individuel : présence constante, accompagnement très personnalisé, adaptation fine aux besoins de l’enfant, développement d’une relation de confiance marquée
  • AESH mutualisé : interventions plus ponctuelles, gestion de priorités entre enfants, adaptation au contexte collectif, encouragement de l’autonomie entre les interventions
  • AESH collectif : travail auprès d’un groupe, collaboration proche avec l’enseignant spécialisé, approche pédagogique davantage structurée, animation d’activités de groupe
💡 Cas pratique : changement de forme d'accompagnement

Axel avait un AESH individuel en maternelle (15h/semaine) en raison de son trouble du spectre autistique sévère. À l’entrée en CP, l’équipe de suivi du PPS a noté que ses progrès lui permettaient de fonctionner plus en autonomie. Son accompagnement a été réduit à un AESH mutualisé (12h/semaine partagées avec 2 autres enfants). Cette transition a favorisé son inclusion dans la classe ordinaire tout en lui laissant l’aide nécessaire.

Évolution et transition entre les formes d’accompagnement

L’accompagnement AESH n’est pas figé. Il est régulièrement réévalué dans le cadre de la révision du PPS, généralement tous les ans ou tous les deux ans. Une enfant qui débute avec un accompagnement individuel peut progressivement bénéficier d’un accompagnement mutualisé si ses besoins diminuent. Inversement, un enfant initialement accompagné en mutualisé peut avoir besoin d’un renforcement si sa situation change.

Les transitions se font en concertation avec :

  • L’équipe de suivi de scolarisation (parents, enseignants, professionnels de santé)
  • La MDPH qui valide le changement
  • L’académie qui organise les ressources humaines
  • L’équipe AESH et l’enfant lui-même
Implication de l'enfant dans le choix de l'accompagnement

À partir d’un certain âge (généralement 8-10 ans), l’avis de l’enfant sur la forme d’accompagnement qui lui convient le mieux est pris en compte. Certains enfants préfèrent la continuité d’un AESH individuel, d’autres trouvent plus enrichissant le partage en mutualisé. Cette parole de l’enfant est importante pour la réussite de l’accompagnement.

L’essentiel à retenir

📌 Points clés sur les formes d'accompagnement AESH

Trois formes d’accompagnement existent :

  • AESH mutualisé : un professionnel accompagne 2 à 4 enfants, adapté aux besoins modérés à intermédiaires, favorise l’autonomie et les interactions sociales
  • AESH individuel : un professionnel dédié à un seul enfant, pour les besoins importants ou très importants, assure une continuité maximale et une très haute personnalisation
  • AESH collectif : accompagnement d’un groupe en ULIS ou dispositif inclusif, crée une dynamique de groupe, moins coûteux que l’individuel

La demande se fait via la MDPH. C’est l’équipe multidisciplinaire qui évalue le besoin et la forme d’accompagnement la plus adaptée.
L’accompagnement évolue. Réévalué régulièrement dans le cadre du PPS, il peut passer d’une forme à une autre selon les progrès de l’enfant.

Questions fréquentes

Questions fréquentes


Un AESH mutualisé peut-il devenir individuel pendant l'année scolaire ?

Oui, mais c’est soumis à une nouvelle décision de la MDPH. Si les besoins de l’enfant augmentent significativement, une famille peut demander une révision du dossier en cours d’année auprès de la MDPH. Si la CDAPH accepte le changement, l’académie mettra à jour les ressources AESH. Cette démarche peut prendre 2 à 3 mois.

Qu'est-ce qui détermine si un enfant aura un AESH mutualisé ou individuel ?

C’est l’intensité des besoins d’accompagnement qui prime. Le certificat médical doit détailler précisément le niveau d’aide nécessaire (toilette, aide à la mobilité, communication, soutien pédagogique). L’équipe de la MDPH évalue aussi la capacité de l’enfant à fonctionner en autonomie entre les interventions de l’AESH. Un enfant avec des besoins très chronophages (toilette, habillage, aide à chaque activité) aura plutôt un accompagnement individuel.

L'AESH collectif en ULIS peut-il accompagner l'enfant en classe ordinaire ?

Oui, c’est même l’objectif. Un enfant de classe ULIS peut bénéficier d’un temps en classe ordinaire (par exemple en éducation physique, arts plastiques, musique) avec l’aide de l’AESH collectif. Cela dépend du PPS et de la possibilité organisationnelle de l’école.

Combien d'heures maximum un AESH individuel peut-il assurer ?

Il n’y a pas de limite légale, mais généralement l’accompagnement individuel est de 10 à 30 heures par semaine. Certains enfants reçoivent un accompagnement à temps plein (35 heures), d’autres 10 heures seulement selon leurs besoins. Le volume est déterminé par la MDPH dans sa décision.

Peut-on refuser un accompagnement AESH mutualisé pour demander un accompagnement individuel ?

Légalement, une famille peut exprimer un souhait lors de la demande MDPH, mais la décision finale appartient à la CDAPH basée sur l’évaluation du besoin réel. Si le budget de l’académie ou l’avis de l’équipe d’évaluation justifient un accompagnement mutualisé, celui-ci sera décidé. Les familles insatisfaites peuvent demander une révision de la décision ou former un recours.

L'AESH est-il payé par la MDPH ou par l'académie ?

L’AESH est recruté et payé par l’académie (Éducation nationale). La MDPH décide du type et du volume d’accompagnement, mais l’académie en assure la rémunération et l’organisation. C’est l’un des rares services mis en place rapidement sans coût supplémentaire pour la famille.


📞 Besoin d'aide pour demander un accompagnement AESH ?

Vous avez des questions sur la demande d’AESH ou vous cherchez à optimiser l’accompagnement de votre enfant ? Nos experts sont à votre écoute pour vous guider dans les démarches MDPH et la constitution de votre dossier.

Témoignages

Franchement nous on a galéré pour comprendre la différence entre mutualisé et individuel.. on pensait que individuel c’était automatique pour tout le monde. En fait Noa a un AESH mutualisé 15h/semaine avec 2 autres enfants et c’est très bien comme ça. C’est vrai qu’il y a moins l’AESH avec lui, mais ça le pousse à être plus autonome. Et puis il voit que d’autres enfants aussi ont des difficultés, c’est rassurant pour lui.

— Sophie, 41 ans, mère de Noa (CP, autisme)

Alice a un accompagnement AESH individuel à temps plein (30h/semaine) depuis la maternelle. Sans la présence de l’AESH, Alice ne serait pas à l’école ordinaire. Ça lui coûte énormément sur le plan sensoriel et social. Son AESH, Catherine, elle la connaît par coeur maintenant. C’est important qu’il y ait cette stabilité. On sait que c’est cher pour l’académie, mais c’est la seule solution pour Alice pour apprendre en classe.

— Marc, 38 ans, père d'Alice (autisme sévère)

Mon petit-fils est en ULIS avec un AESH collectif. Avant on pensait que c’était « moins bien » qu’un AESH individuel mais franchement non. Y’a 11 autres enfants avec des handicaps différents, l’AESH et la maitresse spécialisée travaillent ensemble, ça bouge pas mal. Et mon petit-fils, il s’est fait des copains en ULIS. C’est pas un jugement sur mon petit-fils, c’est juste un cadre plus adapté pour lui. On voit que c’est plus motivant pour lui d’aller à l’école maintenant.

— Jean-Marie, 54 ans, aidant et grand-père