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Les transferts au quotidien : guide des techniques de mobilité

Les transferts constituent l’une des activités les plus importantes dans la vie quotidienne des personnes en situation de handicap moteur. Que ce soit pour se lever du lit, passer du fauteuil roulant à la voiture, ou simplement se déplacer à domicile, maîtriser les bonnes techniques de transfert est essentiel pour préserver son autonomie et prévenir les blessures et les chutes.

Cette page explique les principaux types de transferts, les équipements utiles, les erreurs à éviter et comment se faire accompagner pour apprendre les gestes justes. L’objectif est d’aider la personne handicapée et ses aidants à réaliser des transferts en toute sécurité.

Pourquoi les transferts sont importants

Un transfert est l’action de passer d’une surface à une autre : du lit au fauteuil, du fauteuil à la chaise de douche, du fauteuil à la voiture, etc. Pour une personne ayant une atteinte motrice (paraplégique, tétraplégique, ou atteinte de sclérose en plaques), les transferts sont quotidiens et primordiaux.

Maîtriser les bonnes techniques permet de :

  • Réduire le risque de chute et de blessure
  • Prévenir l’usure prématurée des articulations et des muscles
  • Ménager le dos et les poignets (prévention des douleurs chroniques)
  • Diminuer la charge physique pour l’aidant
  • Favoriser l’indépendance et la confiance en soi
  • Améliorer la qualité de vie au domicile et en dehors
Saviez-vous ? Les transferts se réapprennent

Beaucoup de personnes handicapées pensent à tort qu’il n’existe qu’une seule façon de faire un transfert. En réalité, chaque personne doit apprendre la technique adaptée à son handicap, sa morphologie et son environnement. C’est un apprentissage qu’il est possible de suivre avec un kinésithérapeute ou un ergothérapeute.

Les principaux types de transferts

Le transfert lit-fauteuil roulant

C’est l’un des transferts les plus fréquents pour une personne en fauteuil roulant. Le principe consiste à passer du lit (position allongée ou semi-assise) au fauteuil en utilisant la force des bras et du tronc.

Étapes basiques :

  • Positionner le fauteuil contre le lit, à hauteur égale si possible
  • Verrouiller les freins du fauteuil
  • Soulever légèrement les jambes si nécessaire
  • Prendre appui sur les bras et le tronc pour se hisser
  • Pivoter le bassin vers le fauteuil
  • S’asseoir progressivement en contrôlant sa chute
💡 Cas pratique : transfert d'une personne paraplégique

Marc, 45 ans, paraplégique depuis 10 ans, effectue ses transferts lit-fauteuil plusieurs fois par jour. Grâce à un apprentissage progressif et un renforcement musculaire régulier, il a acquis une bonne autonomie. Il utilise une planche de transfert le matin quand il a moins d’énergie, et effectue des transferts directs les autres moments de la journée.

Le transfert fauteuil-voiture

Ce transfert est important pour la mobilité extérieure et l’accès au transport. Il demande une bonne coordination et une technique maîtrisée pour éviter les chutes et les blessures au dos.

Principes clés :

  • Garer la voiture sur un terrain plat et stable
  • Ouvrir largement la porte et s’assurer qu’il y a assez de place
  • Positionner le siège de la voiture de façon à former une surface de glissement continue
  • Pivoter le bassin et les jambes vers l’extérieur
  • Glisser progressivement du fauteuil vers le siège de la voiture
  • Une fois assis, remonter les jambes dans la voiture
  • Ranger le fauteuil plié (si possible) ou le fixer correctement
⚠️ Risque : oubli de verrouiller les freins

Avant toute tentative de transfert, il est capital de s’assurer que le fauteuil roulant est immobilisé et que les freins sont bien enclenchés. Négliger cette étape peut entraîner un glissement du fauteuil et une chute pendant le transfert.

Le transfert assis-assis (fauteuil vers chaise, table de toilette, chaise de douche)

Ce type de transfert est moins exigeant que les précédents, car la personne passe d’une surface assise à une autre. Il est très fréquent à domicile.

  • Approcher au maximum les deux surfaces
  • Se pencher légèrement en avant
  • Transférer le poids sur les bras
  • Glisser latéralement vers la nouvelle surface
  • S’assurer de la stabilité avant de relâcher les appuis

Le transfert avec aide (pivot ou glisse)

Pour les personnes ayant peu de force aux membres supérieurs ou une amplitude de mouvement limitée, un transfert avec aide d’une tierce personne ou d’équipements peut être nécessaire.

Transfert par pivot : la personne handicapée et l’aidant pivotent ensemble autour d’un axe vertical. L’aidant soutient le buste et guide le pivot.

Transfert par glisse : utilisation d’une planche de transfert, d’un coussin glissant ou d’un drap pour réduire les frottements et faciliter le mouvement.

Les équipements qui facilitent les transferts

La planche de transfert

C’est un équipement simple mais très efficace. Il s’agit d’une planche lisse (en bois, plastique ou composite) qui crée une surface continue entre deux éléments. Elle réduit la friction et facilite le glissement.

📊 Réduction des efforts

L’utilisation d’une planche de transfert réduit les efforts physiques de 30 à 50 % pour la personne handicapée et pour l’aidant, selon les études d’ergonomie.

Les barres d’appui et les poignées

Installées au-dessus du lit, à proximité de la toilette ou à la salle de bains, elles offrent des points de repère solides pour se hisser et prendre appui. Elles doivent être installées en fonction de la morphologie et du handicap de la personne.

Le siège de toilette surélevé et la chaise de douche

Ces équipements rapprochent la hauteur de la toilette et de la douche à celle du fauteuil roulant, facilitant les transferts assis-assis.

Les tapis de transfert antidérapants

Ils augmentent la friction et la stabilité, réduisant le risque de glissement involontaire lors des transferts.

Le lève-personne

Pour les personnes ayant une capacité motrice très réduite ou un poids important, un lève-personne (électrique ou manuel) peut être installé au domicile. Il soulève et déplace la personne en toute sécurité.

Financement des équipements de transfert

Les équipements de transfert peuvent être financés partiellement ou totalement par la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), notamment le volet aides techniques. Il est recommandé de faire évaluer les besoins par un ergothérapeute avant de demander la PCH.

Les erreurs à éviter absolument

Ne pas solliciter son aidant correctement

Une aide non adaptée expose l’aidant à des troubles musculosquelettiques (lombalgie, tendinite) et peut mettre en danger la personne handicapée. L’aidant doit apprendre les bonnes techniques et ne pas avoir honte de demander de l’aide à un professionnel (kinésithérapeute, ergothérapeute).

Négliger le renforcement musculaire

Même une personne paraplégique ou tétraplégique peut améliorer sa force et son autonomie grâce à un programme de réadaptation régulier. Abandoner cet effort facilite la dépendance et augmente les risques de complication.

Faire des transferts sur surface instable ou encombrement

Un lit qui bouge, une voiture mal garée ou un fauteuil mal verrouillé crée des conditions dangereuses. Toujours vérifier la stabilité avant de commencer.

Ignorer la douleur ou les signaux d’alarme

Si un transfert provoque de la douleur, une sensation d’instabilité ou une contracture musculaire anormale, il est essentiel de revoir la technique ou de consulter un professionnel. Les douleurs neuropathiques et les spasticités peuvent rendre certains transferts difficiles ou impossible ; elles doivent être prises en charge spécifiquement.

Apprendre et s’améliorer : ressources et accompagnement

La rééducation professionnelle

Un kinésithérapeute ou un ergothérapeute peut enseignera à la personne handicapée les techniques adaptées à son cas. Ces professionnels peuvent intervenir au domicile ou en centre de réadaptation. Ces séances sont généralement remboursées par l’Assurance Maladie sur ordonnance médicale.

Les associations spécialisées

Des associations comme la Fédération Française de Tir, l’AFM-Téléthon ou les associations locales de handicap moteur proposent souvent des ateliers, des échanges de bonnes pratiques et du soutien par les pairs.

Les services sociaux et la MDPH

L’assistante sociale de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) peut orienter vers les ressources locales et mobiliser les aides techniques (PCH, allocation compensatrice). Une demande d’aide pour les activités quotidienne peut justifier l’intervention d’une aide humaine rémunérée.

Formation des aidants

Les proches aidants doivent également apprendre les gestes justes. Des formations courtes (1 à 2 jours) existent dans certains hôpitaux ou associations pour enseigner les transferts et les gestes d’aide sans risque.

📞 Vous cherchez des ressources locales ?

Besoin de précisions sur les aides techniques, les associations d’aide à la mobilité ou les services de rééducation dans votre région ? L’équipe portail-handicap.fr peut vous orienter.

L’essentiel à retenir

📌 Points clés sur les transferts quotidiens

  • Les transferts (lit-fauteuil, fauteuil-voiture, assis-assis) sont des gestes quotidiens importants pour l’autonomie et la sécurité.
  • Chaque personne doit apprendre la technique adaptée à son handicap, sa morphologie et son environnement.
  • L’utilisation d’équipements (planche de transfert, barres d’appui, lève-personne) réduit les risques et les efforts physiques.
  • Un renforcement musculaire régulier et une bonne technique préviennent les complications à long terme.
  • L’apprentissage par un professionnel (kinésithérapeute, ergothérapeute) est indispensable pour maîtriser les gestes justes.
  • La PCH peut financer tout ou partie des équipements de transfert.
  • Les proches aidants doivent aussi apprendre les bonnes techniques pour éviter les blessures.

Financement des adaptations : la PCH et autres aides

Les personnes en situation de handicap moteur peuvent demander la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) pour financer :

  • Les aides techniques (planche de transfert, lève-personne, barres d’appui, chaise de douche)
  • L’aménagement du logement (travaux de salle de bains, rampes d’accès)
  • L’aide humaine (intervention d’une aide à domicile ou d’une auxiliaire de vie)
  • L’adaptation du véhicule pour faciliter les transferts fauteuil-voiture
Autres financements possibles

  • L’Assurance Maladie : remboursement des séances de kinésithérapie et d’ergothérapie sur ordonnance.
  • Les mutuelles : certaines couvrent les équipements non remboursés par la Sécurité Sociale.
  • Les collectivités territoriales : en cas de travaux d’accessibilité au domicile.
  • Les organismes AGIRC-ARRCO : pour les salariés ou retraités cotisants.

Accessibilité en dehors du domicile

Au-delà du domicile, les transferts doivent être possibles dans les lieux publics et les transports. Pour conduire avec un handicap moteur ou voyager en train ou autocar, des adaptations (rampes, ascenseurs, places de stationnement adaptées) sont nécessaires.

La Carte Mobilité Inclusion permet d’accéder aux places de stationnement réservées et facilite certains déplacements. Les entreprises de transport ont l’obligation d’accueillir les personnes en fauteuil roulant et doivent disposer de systèmes de transfert (rampes, ascenseurs).

Questions fréquentes

Questions fréquentes


Combien de temps faut-il pour maîtriser un transfert ?

Cela dépend du handicap, de la motivation et de la fréquence de l’entraînement. En moyenne, 2 à 4 semaines avec un professionnel (kinésithérapeute ou ergothérapeute) permettent d’acquérir une bonne maîtrise. Ensuite, la pratique quotidienne améliore la fluidité et la confiance.

Puis-je effectuer mes transferts seul avec un handicap tétraplégique ?

Pour une tétraplégique, l’autonomie en transfert dépend du niveau et de l’étendue de la lésion. Certaines personnes tétraplégiques peuvent effectuer leurs transferts avec des équipements adaptés (planche, lève-personne motorisé) ; d’autres auront besoin d’une aide humaine. Une évaluation par un ergothérapeute est indispensable.

La planche de transfert est-elle remboursée ?

Oui, si elle est prescrite par un professionnel (médecin, kinésithérapeute, ergothérapeute) et fournie à titre d’aide technique. Elle peut être financée par la PCH, la SECU (Assurance Maladie) ou les mutuelles. Les modalités varient selon le département et le contexte.

Comment aider quelqu'un à faire un transfert sans se faire mal au dos ?

L’aidant doit apprendre la bonne technique : se tenir près de la personne, plier les genoux, garder le dos droit, et accompagner le mouvement plutôt que de tirer ou pousser. Une formation courte (1 à 2 jours) auprès d’un ergothérapeute ou d’un infirmier est fortement recommandée pour éviter les lombalgies et les TMS (troubles musculosquelettiques).

Existe-t-il des aides publiques pour financer un lève-personne au domicile ?

Oui, la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) finance les aides techniques, y compris les lève-personnes électriques ou manuels. Il faut constituer un dossier auprès de la MDPH. L’AMI (Allocation pour Adulte Handicapé) peut aussi participer. Certaines collectivités proposent des subventions additionnelles.

Quels sont les signes d'alerte pendant un transfert ?

Douleur aiguë, sensation d’instabilité, déséquilibre, engourdissement des membres, ou signes de contraction musculaire anormale. En cas de doute, arrêter immédiatement et consulter un professionnel. Les spasticités et les douleurs neuropathiques peuvent rendre certains transferts difficiles et demandent un traitement spécifique.


Témoignages

Honnêtement au debut après mon accident, j’pensais jamais que je pourrais faire mes transferts toute seule. Mais j’ai fait 6 séances de kiné avec quelqu’un qui connait vraiment bien les transferts et ça m’a tout changé. Maintenant je fais lit-fauteuil sans probleme et je peux même monter en voiture pour aller au travail. C’est pas toujours facile mais ça me donne une vraie indépendance.

— Sandrine, 38 ans, paraplégique depuis 8 ans

Ma femme elle a une SEP et les transferts c’est devenu de plus en plus difficile. On a recu une formation au CHU et depuis on utilise une planche de transfert… franchement ça m’a sauvé le dos ! Au lieu de la soulever, on glisse ensemble et c’est tellement mieux. Plus de douleurs et elle aussi elle se sent plus en sécurité. Je conseille vraiment aux aidants de se former.

— Laurent, 62 ans, aidant de son épouse

Bon avec mon fils c’est different parce qu’il est encore jeune mais j’ai appris que la MDPH pouvait financer une planche de transfert et meme un lève-personnes. Ça a pris du temps pour le dossier mais une fois qu’on a eu l’accord c’etait un poids en moins. L’équipe de portail-handicap.fr nous a vraiment aidé à comprendre comment remplir la demande.

— Aminata, 45 ans, mère d'un enfant paraplégique