L’AJPA, c’est l’allocation journalière du proche aidant. Il s’agit d’une aide financière destinée aux aidants proches qui interrompent temporairement ou définitivement leur activité professionnelle pour s’occuper d’une personne en situation de handicap ou d’une personne âgée en perte d’autonomie. Cette allocation reconnaît l’engagement de l’aidant et lui permet de faire face aux réductions de revenus liées à son implication auprès de son proche.
Le système français d’aide aux aidants s’est enrichi ces dernières années avec plusieurs dispositifs complémentaires. L’AJPA s’inscrit dans cette logique de soutien aux proches aidants, aux côtés du congé de proche aidant et du droit au répit.
Qu’est-ce que l’AJPA ?
L’AJPA (allocation journalière du proche aidant) est une prestation créée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024. Elle s’adresse aux aidants qui réduisent ou cessent leur activité professionnelle pour accompagner un membre de leur famille.
Contrairement à d’autres dispositifs, l’AJPA offre une compensation financière directe et régulière, versée sous forme d’allocation journalière. Cette aide reconnaît que s’occuper d’un proche demande du temps, de l’énergie et a souvent des conséquences financières pour l’aidant.
L’AJPA n’est pas cumulable avec tous les dispositifs. Elle se distingue de l’AEEH (allocation d’éducation de l’enfant handicapé) versée aux parents, et du dédommagement de l’aidant dans la PCH qui fonctionne différemment. L’AJPA est une allocation d’État versée directement à l’aidant, sans passer par la personne accompagnée.
Qui peut bénéficier de l’AJPA ?
Pour accéder à l’AJPA, plusieurs conditions doivent être remplies :
Sur l’aide :
- Avoir reconnu le statut de proche aidant auprès des autorités compétentes
- Être aidant principal d’une personne en situation de handicap ou d’une personne âgée dépendante
- Consacrer au moins 30 heures par semaine à l’accompagnement (ce seuil peut varier légèrement selon les départements)
- Interrompre ou réduire de manière significative son activité professionnelle
Sur la situation financière :
- Respecter un plafond de ressources fixé annuellement (environ 1,5 fois le SMIC pour une personne seule)
- Être domicilié en France de manière stable
- Avoir cotisé au régime général de la sécurité sociale ou équivalent
Avant de déposer un dossier AJPA, la personne aidante doit s’assurer qu’elle répond à tous les critères de temps consacré à l’aide et de plafond de ressources. Une erreur à ce stade peut entraîner un refus de dossier et du délai perdu.
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Montant de l’AJPA en 2025
L’AJPA fonctionne selon un système de versement journalier. Le montant varie en fonction de la situation professionnelle antérieure de l’aidant et de son interruption d’activité.
Le montant quotidien de l’AJPA est d’environ 60 à 90 € par jour, selon la réduction ou l’arrêt d’activité. Pour un mois complet de 30 jours, cela représente environ 1 800 à 2 700 € mensuels. Ces montants sont indexés chaque année et ajustés selon les arrêtés ministériels.
Le montant exact dépend de :
- La baisse de revenus professionnels constatée
- La nature du contrat de travail antérieur (CDI, CDD, travailleur indépendant)
- La durée de l’interruption d’activité demandée
- Les revenus de l’aidant et de son foyer
Marie, 48 ans, est CDI dans une PME. Elle gagne actuellement 2 200 € nets par mois. Elle doit interrompre son travail pour s’occuper de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle demande une AJPA pour 6 mois. Son allocation journalière est calculée sur la base de la perte de revenus (2 200 € × 30 jours = 73 € par jour). Elle percevra donc environ 2 190 € par mois pendant 6 mois, soit 13 140 € au total.
Comment demander l’AJPA ?
Les démarches pour demander l’AJPA s’effectuent auprès de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) du département de résidence de la personne accompagnée. C’est un interlocuteur unique qui gère plusieurs aides pour les aidants.
Étapes de la demande :
- Vérifier son éligibilité (statut d’aidant, heures consacrées, ressources)
- Rassembler les documents requis (voir liste ci-dessous)
- Remplir le formulaire Cerfa spécifique AJPA (disponible auprès de la MDPH)
- Déposer le dossier à la MDPH ou en ligne via le portail départemental
- Attendre la décision (délai moyen de 2 à 3 mois)
- Percevoir l’allocation à partir de la date de début validée
Documents à fournir :
- Pièce d’identité en cours de validité
- Justificatif de domicile (quittance, facture, attestation de résidence)
- Bulletins de salaire ou attestation de perte d’activité (si travailleur indépendant, bilan comptable)
- Certificat médical de la personne aidée (si handicap, moins de 3 mois)
- Preuves de consommation de temps (cahier de charge, attestation de l’employeur, accord du congé de proche aidant)
- Décision de la reconnaissance du statut de proche aidant
Le traitement d’une demande AJPA prend généralement 2 à 3 mois. En cas de refus, l’aidant dispose de 2 mois pour contester la décision auprès de la CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées). Il est vivement conseillé de se faire accompagner dans ce processus de recours.
Durée et renouvellement de l’AJPA
L’AJPA n’est pas une aide permanente. Elle est accordée pour une période définie à l’avance, généralement de 6 mois à 1 an, que l’aidant peut renouveler en cas de besoin persistant.
Points clés sur la durée :
- Durée initiale : 6 mois à 1 an selon la demande
- Possibilité de renouvellement avant l’expiration de la période
- Révision possible en cas de changement de situation (reprise d’activité, modification du besoin d’aide)
- Maximum de 3 ans cumulés sur une période de 10 ans
La personne aidante doit anticiper le renouvellement environ 2 mois avant la date d’expiration de son AJPA. Elle constitue un nouveau dossier auprès de la MDPH en mettant à jour les informations.
AJPA et cumul avec d’autres aides
C’est une question fréquente : l’AJPA peut-elle être cumulée avec d’autres dispositifs d’aide aux aidants ? La réponse est partiellement oui, mais avec des règles précises.
L’AJPA peut être cumulée avec :
- Le congé de proche aidant (allocation + temps libre)
- Le droit au répit (accueil temporaire de la personne aidée)
- Certaines allocations logement ou allocations familiales de la CAF
L’AJPA ne peut PAS être cumulée avec :
- L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) versée directement à l’aidant
- Le dédommagement PCH au-delà d’un plafond fixé
- L’AEEH si l’aidant en bénéficie déjà en tant que parent
En cas de doute sur la cumulabilité, il est conseillé de consulter directement la MDPH locale ou une association de soutien aux aidants.
Impact de l’AJPA sur la retraite
Un point important concerne les droits à la retraite. Contrairement au congé parental ou certains congés protégeant les trimestres de retraite via l’AVPF, l’AJPA ne valide pas automatiquement des trimestres d’assurance retraite.
Cependant, la personne aidante reste affiliée au régime de sécurité sociale pendant la perception de l’AJPA et continue de cotiser si elle maintient une activité partielle. En cas d’arrêt total d’activité, elle doit s’assurer de la validation des périodes (via l’Assurance Maladie ou l’AVPF pour les parents d’enfants handicapés).
- Qu’est-ce que c’est ? Une allocation journalière (60-90 € par jour) versée aux aidants qui interrompent leur activité professionnelle pour accompagner un proche en situation de handicap ou âgé dépendant
- Qui peut en bénéficier ? Les aidants reconnus comme proches aidants, consacrant au moins 30 heures/semaine, avec des ressources limitées
- Comment la demander ? Via la MDPH du département, avec un formulaire Cerfa et pièces justificatives
- Combien de temps ? Pour une période de 6 mois à 1 an, renouvelable dans la limite de 3 ans sur 10 ans
- Cumul possible ? Oui avec le congé proche aidant et le répit, mais pas avec l’APA ou le dédommagement PCH au-delà d’un plafond
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Quel est le montant exact de l'AJPA en 2025 ?
Le montant quotidien varie entre 60 et 90 € selon la baisse de revenus professionnels constatée. Pour un mois de 30 jours, cela représente environ 1 800 à 2 700 € mensuels. Le montant exact est calculé en fonction de la perte de revenus de l’aidant et de son plafond de ressources. Il est conseillé de demander une estimation auprès de la MDPH avant de déposer le dossier.
Combien de temps faut-il pour recevoir l'AJPA après la demande ?
Le traitement d’un dossier AJPA prend généralement 2 à 3 mois à partir de la date de dépôt complet. Ce délai peut varier selon la charge de travail de la MDPH et la complétude du dossier. Il est recommandé de déposer la demande dès que possible pour éviter les retards et de relancer la MDPH après 6 semaines sans réponse.
L'AJPA est-elle imposable ?
Oui, l’AJPA est soumise à l’impôt sur le revenu comme un revenu de remplacement. Elle doit être déclarée dans la catégorie des revenus de remplacement sur la déclaration annuelle. Des cotisations sociales (CSG, CRDS) peuvent également être prélevées selon la situation personnelle de l’aidant.
Peut-on demander une AJPA si on est en congé parental ?
Non, l’AJPA nécessite une interruption d’activité ou une réduction significative liée à l’accompagnement d’une personne en situation de handicap ou âgée. Le congé parental relève d’une logique différente. Cependant, une personne en congé parental qui doit aussi s’occuper d’un parent handicapé peut demander une AJPA pour cette seconde responsabilité d’aidant.
Que se passe-t-il si je reprends mon travail avant la fin de la période d'AJPA ?
L’AJPA s’arrête dès que l’aidant reprend son activité professionnelle à plein temps. Il est important d’informer la MDPH dès la reprise pour éviter les trop-perçus et les complications administratives. Si la reprise est partielle, une renégociation du montant peut être possible.
L'AJPA peut-elle être cumulée avec le congé de proche aidant ?
Oui, l’AJPA et le congé de proche aidant peuvent être cumulés. Le congé offre 3 jours par an minimum d’absence au travail, tandis que l’AJPA compense financièrement l’interruption d’activité. Cette combinaison permet à l’aidant de bénéficier à la fois de temps libre et d’une allocation financière.
Pour toute question complémentaire sur l’AJPA ou les autres aides destinées aux aidants, l’équipe de portail-handicap.fr est à votre disposition.
Nous vous accompagnons dans toutes vos démarches : vérification de l’éligibilité, constitution du dossier, suivi de la demande, recours en cas de refus.
Témoignages
— Stéphane, 52 ans, aidant de sa femmeFranchement l’AJPA ça a changé ma vie. Ma femme elle a une sclérose en plaques et elle se dégrade au fil du temps, donc j’ai décidé d’arrêter mon boulot complètement. Avec l’allocation journalière, j’arrive à joindre les deux bouts sans trop de galère. C’est vrai que le dossier MDPH était compliqué mais une fois qu’on l’a eu, ça a été du soulagement. Je gagne pas autant qu’avant mais au moins je peux m’occuper d’elle sans stress financier permanent.
— Valérie, 48 ans, maman d'une fille autisteNous on a demandé l’AJPA parce que ma fille avait besoin d’une aide très importante et l’AEEH ne suffisait vraiment pas à couvrir tous les frais. J’ai réduit mon temps de travail de 40h à 20h. La commission MDPH nous a accordé l’AJPA pour 1 an et c’est vrai que ça aide beaucoup. Faut quand même bien dossier ses papiers et tout, sinon c’est du rejet assuré lol. Nous on a eu de la chance d’avoir le dossier accepté du premier coup.
— Jean-Luc, 58 ans, aidant de son pèreMon père il a eu un AVC il y a 2 ans et depuis, il faut quelqu’un avec lui presque tout le temps. Pas possible pour moi de continuer à travailler à temps plein. J’ai demandé l’AJPA et l’AJPA + le droit au répit pour qu’il aille un peu en accueil de jour le mercredi. Honnêtement, l’argent de l’allocation ça ne compense pas la perte de salaire complètement, mais au moins c’est quelque chose. Et ça reconnaît le travail qu’on fait en tant qu’aidant, c’est important pour le moral.



