La chasse et la pêche sont des activités de loisir appréciées par de nombreuses personnes. Pour les personnes en situation de handicap, ces pratiques restent largement accessibles grâce à des aménagements spécifiques, des postes de chasse aménagés et des dérogations légales. Découvrez comment accéder à ces loisirs nature, les adaptations possibles et les structures qui les proposent.
Chasse et pêche : des loisirs nature accessibles
La chasse et la pêche ne sont pas réservées aux personnes valides. De nombreuses personnes en situation de handicap pratiquent ces activités avec des aménagements adaptés à leur situation. Ces loisirs offrent plusieurs avantages : reconnexion avec la nature, activité physique régulière, aspect social et convivial, et sentiment d’accomplissement personnel.
La chasse et la pêche adaptées reposent sur plusieurs principes : l’aménagement des postes de tir ou de pêche, l’accès facilité aux zones de chasse et pêche, et les dérogations administratives pour certains handicaps. Les fédérations de chasse et de pêche ont progressivement mis en place des dispositifs inclusifs.
La pratique d’activités outdoor, même adaptées, améliore significativement la qualité de vie des personnes handicapées. Elle favorise l’inclusion sociale, réduit le sentiment d’isolement et permet de maintenir un lien avec la nature. C’est aussi l’occasion de partager une passion avec d’autres pratiquants.
Accès à la chasse pour les personnes handicapées
La chasse en France est réglementée par les fédérations départementales et nationales. Pour les personnes en situation de handicap, plusieurs mesures facilitent l’accès :
- Postes de chasse aménagés : des postes surélevés ou au sol, accessibles en fauteuil roulant, avec abris et équipements de confort
- Permis de chasse : l’accès au permis national de chasse n’est pas conditionné au handicap, mais des aménagements d’examen peuvent être accordés
- Dérogations administratives : certaines personnes avec un handicap moteur important peuvent bénéficier de dérogations pour accéder à des zones protégées
- Accompagnement : possibilité de se faire accompagner par un tiers lors de la chasse
Marc, 54 ans, est paraplégique depuis un accident de travail. Il pratiquait la chasse avant son accident et souhaitait continuer. Il s’est rapproché de la fédération départementale de chasse qui lui a proposé un poste aménagé dans une petite réserve. Ce poste comporte une rampe d’accès, une plateforme surélevée de 1,50 m et un système de fixation pour stabiliser son arme. Marc chasse désormais une ou deux fois par mois avec d’autres chasseurs.
Pour accéder à ces aménagements, la personne en situation de handicap doit :
- Contacter la fédération départementale de chasse de son département
- Expliquer son handicap et ses besoins spécifiques
- Obtenir une évaluation des aménagements possibles
- Adhérer à un club de chasse ou accéder à des terrains gérés par la fédération
Bien que le handicap n’interdise pas l’accès au permis de chasse, certains handicaps peuvent nécessiter un certificat médical attestant que la personne est capable de manier une arme en toute sécurité. Ce certificat est demandé lors de la candidature au permis.
Pêche adaptée : une activité accessible
La pêche est souvent considérée comme plus accessible que la chasse pour les personnes handicapées, car elle requiert moins de mobilité et moins de force physique. Elle peut se pratiquer :
- Depuis les berges (accessibilité en fauteuil roulant possible)
- Depuis des embarcations aménagées
- En pêche à la mouche (avec adaptations ergonomiques)
- En pêche en eau douce ou en mer (selon les zones)
La pêche en mer depuis les plages accessibles est également possible grâce au label « Tourisme & Handicap » qui garantit des aménagements de qualité.
La France compte environ 1,5 million de pêcheurs. Environ 8 % d’entre eux seraient en situation de handicap, une proportion en augmentation grâce aux aménagements.
Pour débuter ou reprendre la pêche, la personne handicapée peut :
- S’inscrire auprès d’une fédération départementale de pêche
- Participer à des stages de pêche adaptée proposés par certaines associations
- Obtenir une carte de pêche avec des tarifs réduits dans certains départements
- Rejoindre des clubs de pêche inclusifs
Des équipements spécialisés facilitent la pêche pour les personnes handicapées : cannes à pêche ergonomiques, moulinets adaptatifs, sièges de pêche rembourrés, et systèmes de stabilisation. Ces équipements peuvent être loués ou achetés auprès de magasins spécialisés.
Structures et associations spécialisées
Plusieurs structures proposent la chasse et la pêche adaptées aux personnes handicapées :
- Fédération Française de Chasse (FFC) : gère l’accès aux terrains et les aménagements
- Fédération Française de Pêche au Coup (FFPC) : propose des formations adaptées et des zones accessibles
- Associations de pêche adaptée : des organisations locales proposent des sorties encadrées
- Clubs de chasse inclusifs : certains clubs ont développé une expertise dans l’accueil des personnes handicapées
De nombreuses activités de plein air accessibles peuvent compléter la chasse et la pêche, comme la randonnée pédestre adaptée, le kayak accessible ou l’équitation thérapeutique.
Sophie, 48 ans, malvoyante depuis 15 ans, pensait que la pêche n’était plus possible pour elle. Elle a découvert un club de pêche local qui propose des sorties pour personnes handicapées. Elle y participe chaque mois avec un guide bénévole qui la conseille sur le positionnement et les techniques. Elle apprécie particulièrement cette activité car elle peut converser avec les autres pêcheurs tout en restant indépendante.
Coûts et tarification
La chasse et la pêche ne sont pas des loisirs particulièrement onéreux pour les personnes handicapées :
- Permis de chasse : environ 100 à 150 € par an selon le département
- Carte de pêche : environ 80 à 120 € par an (réductions possibles)
- Cotisation club : généralement entre 50 et 200 € par an
- Matériel : variable selon la qualité et la spécialité (pêche à la mouche plus chère que pêche au coup)
Si la personne en situation de handicap souhaite obtenir son permis de chasse, elle peut demander des aménagements pour les épreuves théoriques et pratiques auprès de la fédération départementale. Les délais d’instruction sont généralement les mêmes que pour les autres candidats (environ 2 à 3 mois).
Les séjours de vacances adaptées incluent parfois des journées de chasse ou pêche. C’est une occasion d’initier cette pratique dans un cadre sécurisé et encadré.
Financement et aides possibles
Certaines aides peuvent contribuer au financement de la chasse et pêche adaptées :
- Prestation de Compensation du Handicap (PCH) : peut financer l’achat d’équipements de loisir adaptés
- Fonds d’aide régionaux : certaines régions proposent des aides pour les loisirs inclusifs
- Associations caritatives : certaines associations handicap financent partiellement les activités de loisir
- Bénévolat et accueil gratuit : de nombreux clubs proposent des sorties gratuites encadrées par des bénévoles
Les personnes en situation de handicap qui adhèrent à une association de chasse ou pêche adaptée peuvent bénéficier de réductions d’impôt sur les cotisations (crédit d’impôt de 66 % dans certains cas).
L’essentiel à retenir
- La chasse et la pêche sont accessibles aux personnes handicapées grâce à des aménagements spécifiques
- Des postes de chasse aménagés et des zones de pêche accessibles existent dans la plupart des départements
- Les fédérations départementales sont les interlocuteurs privilégiés pour trouver des aménagements
- Le permis de chasse et la carte de pêche sont accessibles, avec possible aménagement des examens
- Des associations et clubs inclusifs proposent encadrement, formations et sorties adaptées
- Les coûts sont maîtrisables, avec possibilité de financements via la PCH ou les associations
- Ces loisirs nature contribuent au bien-être et à l’inclusion sociale des personnes handicapées
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Le handicap peut-il m'interdire l'accès à la chasse ou à la pêche ?
Non. Le handicap en lui-même n’interdit pas l’accès à la chasse ou à la pêche. Seuls certains critères médicaux très strictement définis (par exemple, une cécité totale pour la chasse) peuvent poser des questions, mais même dans ces cas, des aménagements ou alternatives sont généralement possibles. La fédération départementale de chasse ou de pêche évalue chaque cas individuellement.
Comment demander un poste de chasse aménagé ?
Il faut contacter directement la fédération départementale de chasse de son département. Celle-ci dispose généralement d’une liste de postes aménagés ou peut étudier la possibilité d’aménager un poste existant. Un dossier simple avec description du handicap et des besoins est généralement demandé. Le délai de réponse est de quelques semaines à quelques mois selon le département.
Faut-il un certificat médical pour obtenir le permis de chasse avec un handicap ?
Cela dépend du type et de la gravité du handicap. La plupart des handicaps n’exigent pas de certificat médical supplémentaire. Cependant, pour certains handicaps moteurs graves ou sensitifs, un certificat médical attestant l’aptitude à manier une arme en toute sécurité peut être demandé. À vérifier auprès de la fédération avant de candidater.
La pêche est-elle vraiment plus accessible que la chasse pour les personnes handicapées ?
Globalement oui. La pêche requiert moins de mobilité, moins d’effort physique et moins de maîtrise gestuelle que la chasse. Elle peut souvent se pratiquer assis ou en fauteuil roulant, sans nécessiter d’équipement lourd. De plus, les zones de pêche sont plus nombreuses et plus facilement adaptables que les zones de chasse.
Quels équipements spécialisés existent pour la pêche adaptée ?
De nombreux équipements facilitent la pêche pour les personnes handicapées : cannes à pêche ergonomiques et légères, moulinets adaptatifs (à main ou électriques), sièges de pêche rembourrés, systèmes de fixation d’armes, cônes lumineux pour malvoyants, et même des embarcations de pêche accessibles en fauteuil roulant. Ces équipements se trouvent chez les marchands spécialisés ou en magasins de pêche.
Existe-t-il des aides financières pour pratiquer la chasse ou la pêche ?
Oui. La PCH (Prestation de Compensation du Handicap) peut couvrir l’achat d’équipements de loisir adaptés. Certaines régions et associations locales proposent aussi des subventions ou des prêts à faible intérêt. De nombreux clubs fonctionnent sur le bénévolat et proposent des sorties gratuites ou à faible coût. Renseigner-vous auprès du club ou de l’association la plus proche.
Pour aller plus loin
La chasse et la pêche sont bien plus que des loisirs : ce sont des activités qui reconnectent la personne handicapée à la nature, renforcent sa confiance en elle et sa participation à la vie sociale. Les sorties et activités de vie sociale constituent un élément clé de la qualité de vie et de l’inclusion.
D’autres activités de plein air accessibles peuvent compléter la chasse et la pêche : randonnée adaptée, kayak, escalade adaptée, ou même ski adapté en hiver. Le choix dépend des préférences, du handicap et des capacités physiques de chaque personne.
Le label Tourisme & Handicap identifie les zones de chasse et pêche véritablement accessibles avec des garanties de qualité. C’est un repère utile pour trouver des structures de confiance.
Nos experts peuvent vous orienter vers les structures locales, vous aider à évaluer vos besoins d’aménagement et vous conseiller sur les financements possibles.
Témoignages
— Thierry, 57 ans, amputé de la jambe gaucheFranchement j’pensais que c’était fini la chasse pour moi après mon amputation. Mais mon médecin m’a parlé d’un club qui avait des postes aménagés. J’ai contacté la fédération et là c’est vrai c’est changer ma vie. Maintenant j’vais chasser presque chaque weekend avec une prothèse adaptée et un poste qui me convient. Les gars du club m’ont bien intégré, c’est devenu une vraie passion partagée.
— Anne-Marie, 62 ans, mère de deux enfants et aidanteMa fille elle est en fauteuil roulant depuis 20 ans et on cherchait des loisirs qu’on pouvait faire ensemble. On a trouvé une association de pêche adaptée et là c’est incroyable. Une fois par mois on va à la lac ensemble, c’est accessible, faut pas trop d’efforts et y a d’autres families dans le même cas. C’est un moment de détente et de convivialité. Elle adore et moi aussi.
— Cédric, 34 ans, malvoyant depuis 5 ansLa pêche c’est étrange pour moi au départ, faut pas avoir besoin de voir pour attraper du poisson parait-il. J’ai participé à une sortie organisée par un club pour personnes malvoyantes et j’ai découvert qu’on peut vraiment le faire. Y a des techniques spéciales, des équipements sonores, et surtout y a un binôme bénévole qui m’aide. C’est pas facile mais c’est possible et ça fait du bien psychologiquement.



