Le FALC, c’est « Facile à Lire et à Comprendre ». Il s’agit d’une méthode et d’un ensemble de règles destinés à rendre l’information accessible à tous, en particulier aux personnes en situation de handicap mental, cognitif ou intellectuel, aux personnes âgées ayant des difficultés de compréhension, ou encore aux personnes étrangères découvrant la langue française.
Le FALC n’est pas qu’une simple simplification du langage : c’est une approche globale d’accessibilité qui touche à la rédaction, à la mise en page, aux images et à la structure même du document. Cette approche respecte la dignité et l’autonomie de chaque personne en lui donnant accès à une information claire et compréhensible.
Environ 13 millions de personnes en France ont des difficultés de lecture et de compréhension. Le FALC permet à ces personnes d’accéder à des informations administratives, sociales ou civiques essentielles pour exercer leurs droits et participer à la vie citoyenne.
Qu’est-ce que le FALC exactement ?
Le FALC est une méthode de communication qui s’appuie sur des règles précises pour adapter le contenu à un public large. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas de « parler aux enfants » ou de réduire la complexité du message, mais plutôt de le présenter de manière structurée, logique et transparente.
Les documents en FALC sont utilisés par les administrations publiques, les associations, les collectivités et les entreprises pour communiquer avec les citoyens et les usagers. On trouve du FALC sur les sites web, dans les formulaires administratifs, les guides d’information, les contrats simplifiés, ou encore dans les communications autour de projets publics.
Un formulaire de demande d’aide sociale rédigé en FALC comportera des instructions claires ligne par ligne, des listes à puces au lieu de paragraphes denses, des mots simples au lieu de termes techniques, et des illustrations pour clarifier les concepts abstraits. Par exemple, au lieu de « Le taux d’incapacité fonctionnelle doit être supérieur à 80 % », le FALC écrirait « Vous devez avoir une limite importante dans vos activités quotidiennes ».
Les principes fondamentaux du FALC
Le FALC repose sur plusieurs principes clés qui guident la rédaction et la mise en forme des documents :
1. Utiliser des mots simples et concrets
Les mots utilisés doivent être simples, courants et facilement compréhensibles. Chaque terme technique ou abstrait doit être expliqué ou remplacé par un terme plus accessible.
- ❌ À éviter : « incapacité fonctionnelle », « attribution de droits », « imputabilité »
- ✅ À préférer : « difficulté à faire les choses seul », « obtenir une aide », « cause du problème »
2. Structurer l’information de manière logique
L’information doit être organisée de façon progressive, du plus simple au plus complexe, du général au particulier. Les titres et les listes à puces aident à segmenter le contenu et à le rendre navigable.
3. Utiliser des phrases courtes
Chaque phrase ne doit contenir qu’une seule idée principale. Les subordinations complexes sont évitées au profit de phrases simples, directes et explicites.
- ❌ À éviter : « Si vous souhaitez demander une allocation alors que vous avez déjà une autre aide, vous devez vous assurer que les conditions d’incompatibilité n’ont pas changé depuis votre dernier dossier. »
- ✅ À préférer : « Vous pouvez demander une autre aide. Mais vérifiez d’abord que les deux aides peuvent coexister. »
4. Favoriser l’actif plutôt que le passif
Les constructions à la voix active sont plus directes et plus faciles à comprendre que les constructions passives.
- ❌ À éviter : « Une décision sera rendue par la MDPH dans un délai de deux mois. »
- ✅ À préférer : « La MDPH vous donnera une réponse dans deux mois. »
5. Utiliser des images et des illustrations
Les images, les pictogrammes et les schémas simplifient la compréhension et permettent aux personnes ayant des difficultés de lecture de se repérer plus facilement. Chaque image doit être pertinente et avoir une description claire (texte alternatif).
6. Aérer la mise en page
Un document en FALC doit avoir beaucoup d’espace blanc, des paragraphes courts, des listes à puces et une police lisible (sans serif, taille au moins 14 points). La mise en page dense et compacte rend la lecture difficile et décourageante.
Utiliser du FALC ne signifie pas réduire le contenu ou le rendre superficiel. Un document en FALC peut être complet et riche d’informations, à condition que la structure et la présentation rendent ces informations accessibles. Il ne faut pas non plus « parler petit » ou utiliser un ton condescendant : respecter l’intelligence du lecteur tout en simplifiant la forme est essentiel.
À quoi sert le FALC en matière de droits des personnes handicapées ?
Dans le contexte du handicap et des droits sociaux, le FALC est un outil d’accessibilité pour l’information. Son utilisation s’inscrit dans la perspective de l’égalité des droits et des chances établie par la loi de 2005.
Pour une personne en situation de handicap cognitif ou mental, accéder à une information claire sur ses droits est crucial. Cela lui permet de :
- Comprendre ses droits (AAH, PCH, RQTH, allocations familiales, etc.)
- Remplir correctement un dossier administratif sans aide extérieure
- Exercer ses droits citoyens de manière autonome (droit de vote, participation aux décisions)
- Mieux maîtriser son parcours de soins ou de compensation du handicap
- Gagner en confiance et en estime de soi en accédant à l’information
« Constitue un handicap, au sens du présent code, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques. »
Le FALC contribue à réduire les barrières informationnelles qui peuvent empêcher une personne handicapée d’exercer pleinement ses droits. C’est une forme d’accessibilité de facto, pas seulement technique.
Qui utilise le FALC ?
De nombreux acteurs du secteur social, public et associatif ont adopté le FALC :
- Les administrations : MDPH, Caisses d’allocations familiales (CAF), services sociaux des collectivités locales
- Les associations : organisations de personnes handicapées, associations d’aidants, structures de pair-aidance
- Les établissements médico-sociaux : IME (Instituts Médico-Éducatifs), ESAT (Établissements et Services d’Aide par le Travail), maisons d’accueil spécialisées
- Les services publics : mairies, préfectures, tribunaux, services de police
- Les entreprises privées : celles qui s’engagent dans une démarche d’accessibilité inclusive
- Les secteurs de la santé et de l’éducation : hôpitaux, établissements scolaires
Environ 13 millions de personnes en France ont des difficultés de lecture et de compréhension. Depuis 2016, le FALC s’est progressivement diffusé dans les administrations, avec une accélération depuis 2020. Aujourd’hui, de nombreuses MDPH proposent des documents en FALC, et cette tendance s’accélère.
Comment rédiger un document en FALC ?
Rédiger en FALC demande une approche structurée et une compréhension claire de qui lira le document. Voici les étapes principales :
Étape 1 : Identifier le public et l’objectif
Avant de commencer à rédiger, l’auteur doit définir clairement qui lira le texte et quel est l’objectif (informer sur un droit, expliquer une démarche, demander une action, etc.).
Étape 2 : Rédiger le contenu en langage simple
Le contenu doit être rédigé en utilisant les principes énumérés plus haut : mots simples, phrases courtes, voix active, structure logique.
Étape 3 : Organiser et structurer
Le contenu est organisé avec un titre clair, des sous-titres, des listes à puces, et des paragraphes courts. Chaque section doit traiter une seule idée.
Étape 4 : Illustrer et aérer
Des images, des pictogrammes et des encadrés colorés sont ajoutés pour clarifier le contenu. La mise en page est aérée, avec une police lisible et une taille d’au moins 14 points.
Étape 5 : Tester avec le public cible
L’étape la plus importante : faire lire et tester le document par des personnes du public cible. Leur retour permet d’ajuster le contenu et de vérifier que le document atteint son objectif.
Texte original : « Les demandeurs d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé doivent justifier d’une limitation substantielle et durable de leur capacité de travail ou d’accès à l’emploi, suite à un handicap de tout type. »
Texte en FALC : « Vous pouvez demander la RQTH si : votre handicap vous rend difficile de travailler OU de trouver un emploi. Votre handicap doit être durable. »
Outils et ressources pour le FALC
Plusieurs ressources aident les organisations à adopter le FALC :
- Unapei : publie les standards du FALC en France et propose de la formation
- Centres de ressources FALC : certaines associations proposent des ateliers et du conseil en FALC
- Plateformes de partage : des exemples de documents FALC sont publiés en ligne pour inspirer d’autres organisations
- Formations : des modules de formation pour rédacteurs, éditeurs et communicants
- Guides pratiques : des guides téléchargeables expliquant les règles du FALC
Le secteur de l’accessibilité numérique s’inspire également du FALC pour simplifier les interfaces et les contenus web. Cette convergence montre que l’accessibilité passe par la clarté de l’information, qu’elle soit numérique ou papier.
FALC et autres formes d’accessibilité
Le FALC ne remplace pas mais complète d’autres formes d’accessibilité :
- Langue des signes française (LSF) : pour les personnes sourdes ou malentendantes
- Braille et audio : pour les personnes aveugles ou malvoyantes
- Transcription et sous-titres : pour les contenus audiovisuels
- Accessibilité numérique (RGAA) : pour les sites web et applications
- Aménagements des épreuves : pour les examens et tests
Pour être vraiment inclusive, une organisation doit proposer plusieurs formats et canaux d’accès à l’information. Le FALC est un élément clé de cette stratégie multi-format. Vous cherchez à rendre votre organisation plus accessible ? Découvrez comment signaler les problèmes d’accessibilité et comment les organisations peuvent les corriger.
Les articles L. 112-2 et R. 112-2 du Code de l’action sociale et des familles mentionnent que les services et les administrations doivent garantir l’accessibilité de l’information aux personnes handicapées. Le FALC est un outil clé pour respecter cette obligation légale, en particulier pour les services qui accueillent des usagers en situation de handicap cognitif ou mental.
L’essentiel à retenir
Le FALC (Facile à Lire et à Comprendre) est une méthode pour rendre l’information accessible à tous. Il s’appuie sur des règles simples : utiliser des mots concis, faire des phrases courtes, structurer logiquement, illustrer et aérer la mise en page. Le FALC est utilisé par les administrations, les associations et les services publics pour expliquer les droits et les démarches. Tester le document avec le public cible est essentiel pour garantir son efficacité. Le FALC ne remplace pas d’autres formes d’accessibilité mais les complète.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Le FALC, c'est la même chose que la simplification du langage ?
Non, pas tout à fait. La simplification du langage consiste à utiliser des mots plus simples. Le FALC va plus loin : c’est une approche globale qui inclut la simplification du langage, mais aussi la structure, la mise en page, les illustrations, et l’organisation logique de l’information. Le FALC prend en compte la compréhension globale du message, pas seulement le vocabulaire.
Est-ce que le FALC s'adresse uniquement aux personnes handicapées mentales ?
Non. Le FALC s’adresse à toute personne ayant des difficultés de compréhension : personnes en situation de handicap mental ou cognitif, personnes âgées, personnes étrangères, personnes très peu lettrées. En fait, le FALC améliore la clarté pour tout le monde. Des études montrent que même les lecteurs avertis apprécient un document bien structuré et clair.
Qui est responsable de mettre un document en FALC ?
C’est généralement l’organisation qui produit le document : l’administration, l’association, l’établissement de santé, l’entreprise, etc. Cependant, certaines organisations font appel à des experts en FALC ou à des associations spécialisées pour les aider. Quelques MDPH proposent même des documents en FALC pour leurs propres démarches.
Combien de temps faut-il pour transformer un document en FALC ?
Cela dépend de la longueur et de la complexité du document original. Un simple formulaire peut être transformé en quelques heures. Un guide complet peut demander plusieurs semaines, surtout si on inclut les tests avec le public cible. C’est un investissement en temps, mais cela garantit l’accessibilité et réduit les risques d’erreur lors du remplissage des formulaires.
Existe-t-il une certification ou un label FALC officiel ?
Actuellement en France, il n’existe pas de certification officielle unique au niveau national. Cependant, l’Unapei, principal organisme référent pour le FALC, propose un label et des formations. Certaines organisations suivent des formations reconnues pour montrer qu’elles maîtrisent les règles du FALC. C’est un domaine en évolution, et une harmonisation des standards pourrait survenir dans les années à venir.
Besoin d’aide pour vos démarches administratives ?
Si vous avez des questions sur vos droits en matière de handicap, d’allocation ou de compensation, notre équipe est à votre écoute pour vous expliquer simplement et clairement vos démarches.
Témoignages
— Sophie, 34 ans, mère d'une enfant autisteC’est fou mais j’avais jamais entendu parler du FALC avant.. quand j’ai vu que la MDPH proposait des documents en FALC pour mieux expliquer les démarches, j’ai trouvé ça génial. Les formulaires c’est tellement compliqué d’habitude, là c’était vraiment plus clair et j’ai pas fait d’erreur en le remplissant. Je pense qu’il faudrait que toutes les administrations fassent pareil
— Marc, 47 ans, personne en situation de handicap intellectuelHonnêtement la plupart des textes administratifs c’est des cauchemars pour moi.. y’a trop de mots compliqués, c’est dense, c’est l’enfer. Après j’ai trouvé des documents en FALC, expliqué de manière simple avec des dessins, et là ça a bien changé la vie. C’est comme si on me parlait pour de vrai, pas comme si j’était pas capable de comprendre
— Isabelle, 58 ans, assistante socialeDans mon travail je vois bien que beaucoup de gens ont du mal avec les textes officiels.. on a commencé à utiliser le FALC dans notre association pour expliquer les allocations et les droits. Depuis, les gens posent moins de questions mal placées, ils remplissent mieux leurs dossiers, et ils se sentent mieux compris. C’est un vrai changement dans notre façon de communiquer



