L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et la prestation de compensation du handicap (PCH) sont deux aides majeures pour les familles d’enfants en situation de handicap. Mais laquelle choisir ? Les deux dispositifs répondent à des besoins différents et ne sont pas cumulables systématiquement. Cette page vous aide à comprendre les différences, les critères de choix et les avantages respectifs de chaque allocation.
Contrairement à ce que beaucoup croient, l’AEEH et la PCH peuvent être cumulées dans certains cas. Cependant, quand il s’agit du volet « aide humaine », le bénéficiaire ne peut percevoir que l’une des deux allocations pour ce volet spécifique.
Différences majeures entre l’AEEH et la PCH
L’AEEH et la PCH obéissent à des logiques différentes. Comprendre ces différences est essentiel pour savoir quel dispositif correspond le mieux à la situation de l’enfant et de la famille.
Qu’est-ce que l’AEEH ?
L’AEEH est une allocation mensuelle versée aux parents ou tuteurs d’un enfant en situation de handicap. Elle vise à couvrir les frais supplémentaires engendrés par le handicap de l’enfant (cantine aménagée, transport, matériel spécialisé, etc.). Le montant varie en fonction du taux d’incapacité reconnu par la MDPH et du type de charge.
AEEH de base : 134,32 € par mois (pour un taux d’incapacité entre 50 % et 79 %) ou 176,12 € (pour un taux de 80 % et plus).
Complément d’AEEH : de 97,70 € à 585,96 € par mois selon le niveau de handicap et les besoins.
Qu’est-ce que la PCH ?
La PCH est une aide qui finance les dépenses liées à la compensation du handicap : aide humaine (rémunération d’un aidant ou d’une aide à domicile), aménagement du logement, financement d’équipements spécialisés, transports adaptés, ou encore services de technicien d’insertion professionnelle. C’est donc une aide plus large, destinée à financer des services et équipements concrets.
Le montant maximum de la PCH enfant dépend du plan d’aide : environ 20 000 € à 50 000 € par an selon les besoins reconnus (aide humaine surtout).
Tableau comparatif : AEEH vs PCH
| Critère | AEEH | PCH |
|---|---|---|
| Nature | Allocation mensuelle | Aide en nature et/ou financement de services |
| Montant | 134 € à 1 100 € environ par mois | Variable selon le plan d’aide (jusqu’à 50 000 € annuels) |
| Critères d’attribution | Taux d’incapacité ≥ 50 % | Résidence stable, limitation fonctionnelle grave, charges de compensation |
| Âge de l’enfant | Jusqu’à 20 ans | Jusqu’à 20 ans (puis bascule potentielle à l’APA pour l’adulte) |
| Cumul possible | Oui, avec PCH (sauf volet aide humaine) | Oui, avec AEEH (sauf volet aide humaine) |
| Dossier MDPH requis | Oui | Oui |
Critères de choix : AEEH ou PCH selon la situation
Le choix entre l’AEEH et la PCH dépend principalement des besoins spécifiques de l’enfant et de la famille. Voici les situations où l’une ou l’autre est généralement plus avantageuse.
Quand privilégier l’AEEH ?
- Enfant scolarisé en milieu ordinaire avec accompagnement partiel : l’AEEH couvre les frais accessoires (cantine, transport adaptés, petit matériel).
- Handicap modéré à léger (taux 50 à 79 %) : l’AEEH suffit souvent pour couvrir les surcoûts.
- Famille avec ressources modestes : l’AEEH ne fait pas l’objet d’un contrôle de ressources aussi strict que la PCH.
- Besoin d’une aide financière mensuelle récurrente : l’AEEH est versée régulièrement, contrairement à la PCH qui finance des projets ponctuels.
- Aide humaine limitée (moins de 10 heures par semaine) : l’AEEH avec complément peut être suffisante.
Emma, 8 ans, est diagnostiquée dyslexique avec un taux d’incapacité de 60 %. Elle est scolarisée en classe ordinaire avec une aide à la scolarité 8 heures par semaine. La famille demande l’AEEH de base (134 €/mois) plus un complément au titre de l’aide à la scolarité. L’allocation mensuelle suffit à couvrir les frais supplémentaires (transport, cours particuliers, matériel adapté). La PCH n’est pas nécessaire ici.
Quand privilégier la PCH ?
- Handicap lourd (taux 80 % ou plus) avec besoins d’aide humaine importants : la PCH finance l’aide à domicile ou l’auxiliaire de vie.
- Besoin d’aménagement du logement : rampe d’accès, installation d’une douche accessible, ascenseur privé, etc.
- Nécessité d’équipements onéreux : fauteuil roulant électrique, lit médicalisé, système de communication AAC, etc.
- Aide humaine intensive (plus de 10 heures par semaine) : la PCH permet de financer une aide à domicile ou un accompagnant.
- Besoin de services variés : la PCH peut financer plusieurs volets (aide humaine + équipements + logement).
- Enfant en institut spécialisé avec besoin d’aide complémentaire au-delà de ce que fournit l’établissement : la PCH peut intervenir en complément.
Maxime, 12 ans, est atteint de paralysie cérébrale (taux 80 %). Il a besoin de 20 heures d’aide humaine par semaine pour se laver, s’habiller et se déplacer. Son logement nécessite également des aménagements (douche accessible, barres, ascenseur). La famille demande la PCH, qui finance 60 % du coût de l’aide humaine (environ 800 €/mois) et les travaux d’aménagement (6 000 € d’aide financière). L’AEEH seule serait insuffisante.
Cumulabilité : peut-on percevoir l’AEEH et la PCH ensemble ?
Oui, mais avec des limites importantes. La règle du cumul dépend de la structure de chaque allocation.
Ce qui peut être cumulé
- AEEH de base + PCH : toujours possible. La famille peut percevoir l’allocation de base de l’AEEH ET une PCH qui finance l’aide humaine ou l’aménagement du logement.
- AEEH complément ordinaire + PCH (hors aide humaine) : cumulable. Si le complément d’AEEH finance une prise en charge éducative spécialisée ou du matériel, et que la PCH finance l’aide humaine, les deux se cumulent.
Ce qui ne peut pas être cumulé
- AEEH complément (volet aide humaine) + PCH (aide humaine) : c’est l’un ou l’autre. Le bénéficiaire ne peut percevoir qu’une seule des deux aides pour la rémunération d’une aide à domicile ou d’un accompagnant.
Si la famille reçoit déjà un complément d’AEEH pour aide humaine, elle ne peut pas demander le volet « aide humaine » de la PCH. En revanche, elle peut demander la PCH pour les autres volets : aménagements du logement, équipements, transport adapté, etc. C’est une subtilité à connaître pour optimiser le dossier.
Comment choisir : guide pratique
Pour faire le bon choix entre l’AEEH et la PCH, il est recommandé de suivre cette démarche :
Étape 1 : Évaluer les besoins réels de l’enfant
Lister précisément les charges supplémentaires liées au handicap :
- Transport spécialisé : combien d’heures par semaine ?
- Aide humaine : combien d’heures de présence par jour ? Rémunérée ou bénévole ?
- Aménagements du logement : lesquels sont urgents ?
- Équipements spécialisés : lesquels sont nécessaires immédiatement ?
- Services externes : kinésithérapie, psychomotricité, formation scolaire spécialisée ?
Étape 2 : Calculer le coût mensuel des besoins
Pour chaque besoin identifié, estimer le coût mensuel ou annuel. Cela permettra de comparer avec les montants de l’AEEH ou les budgets de la PCH.
Étape 3 : Vérifier l’éligibilité aux deux dispositifs
- L’enfant a-t-il un taux d’incapacité ≥ 50 % ? → AEEH possible.
- L’enfant a-t-il une résidence stable en France et des charges de compensation concrètes ? → PCH possible.
- Conditions de ressources : pour la PCH, vérifier les plafonds de ressources selon le département (très variable).
Il est judicieux de constituer un dossier MDPH demandant à la fois l’AEEH et la PCH. La CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie) examinera les deux dossiers et attribuera celui (ou ceux) qui correspondent le mieux aux besoins. Cela évite une demande ultérieure et gagne du temps.
Simulateur interactif : AEEH ou PCH
Répondez aux questions ci-dessous pour recevoir une estimation personnalisée du dispositif le plus avantageux pour votre situation.
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Impact fiscal et social de chaque allocation
Au-delà du montant brut, il est important de considérer les effets de chaque allocation sur la fiscalité et les prestations sociales de la famille.
Impact de l’AEEH sur la fiscalité
- L’AEEH de base n’est pas imposable.
- Le complément d’AEEH n’est pas imposable non plus.
- L’AEEH n’entraîne aucune déduction fiscale particulière, mais elle ne réduit pas les allocations familiales (contrairement à d’autres ressources).
Impact de la PCH sur la fiscalité
- La PCH n’est pas imposable.
- Les dépenses en aide humaine financées par la PCH ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 % pour la partie non couverte par la PCH.
- Les frais d’aménagement du logement financés par la PCH peuvent être déduits du revenu imposable.
- La PCH a un impact variable sur les prestations sociales selon le département (vérifier auprès de la CAF ou de la MDPH locale).
L’AEEH offre une stabilité mensuelle sans complexité fiscale. La PCH, en revanche, peut ouvrir des avantages fiscaux supplémentaires (crédit d’impôt pour aide humaine, déduction de frais d’aménagement) mais avec une gestion administrative plus lourde.
Délais et procédure : AEEH vs PCH
La procédure est identique pour les deux allocations : dépôt d’un dossier auprès de la MDPH, examen par la CDAPH, puis décision.
Délai moyen de traitement
- AEEH : 4 à 6 mois en moyenne après dépôt du dossier.
- PCH : 4 à 6 mois également, parfois plus si le dossier est complexe ou si l’enfant ne remplit pas clairement les critères.
Pièces justificatives requises
Pour l’une comme pour l’autre, il faut fournir :
- Certificat médical spécifique MDPH (obligatoire, datant de moins de 3 mois).
- Justificatif de résidence stable (facture EDF, quittance de loyer).
- Avis d’imposition ou déclaration de revenus.
- Pour la PCH : devis ou documents détaillant les besoins de compensation (factures d’aménagement, devis d’aide humaine, etc.).
Pour augmenter les chances de reconnaissance, le certificat médical doit bien décrire l’impact du handicap sur la vie quotidienne, l’école, la mobilité et l’autonomie. Un certificat générique ou incomplet peut entraîner un rejet de la demande. Ne pas hésiter à rencontrer le médecin prescripteur pour clarifier l’importance du handicap.
Renouvellement et évolution des droits
L’AEEH et la PCH ne sont pas permanentes ; elles sont attribuées pour une durée déterminée puis doivent être renouvelées.
Durée de reconnaissance
- AEEH : généralement 1 à 5 ans selon le taux d’incapacité et la stabilité du handicap.
- PCH : généralement 1 à 10 ans selon les besoins évalués.
Renouvellement
La MDPH adresse un courrier à la famille environ 2 à 3 mois avant l’expiration. La famille doit alors renouveler son dossier. Pour l’AEEH, si le taux d’incapacité n’a pas changé, le renouvellement est généralement automatique. Pour la PCH, une réévaluation des besoins peut être demandée.
Fin des droits à 20 ans
L’AEEH et la PCH enfant prennent fin quand le jeune atteint 20 ans. À partir de cet âge, l’adulte peut :
- Demander l’AAH (Allocation aux adultes handicapés) s’il remplit les critères (taux ≥ 80 %).
- Continuer à bénéficier de la PCH adulte (sans limite d’âge) s’il l’avait déjà et que les besoins persistent.
- Bénéficier de l’RQTH (Reconnaissance en tant que travailleur handicapé) s’il envisage un emploi.
L’essentiel à retenir
L’AEEH est une allocation mensuelle pour les enfants avec taux ≥ 50 %. Elle couvre les frais accessoires et peut aller jusqu’à 1 100 € par mois.
La PCH finance des services et équipements concrets : aide humaine, aménagements du logement, équipements spécialisés. Jusqu’à 50 000 € par an.
Cumul : possible, sauf pour le volet « aide humaine » (l’une ou l’autre, pas les deux).
Choix : AEEH si handicap modéré + frais accessoires. PCH si handicap lourd + aide humaine intensive ou aménagements importants.
Conseil : demander les deux simultanément à la MDPH pour que la CDAPH choisisse le meilleur dispositif.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Peut-on demander à la fois l'AEEH et la PCH ?
Oui, tout à fait. Il est même recommandé de demander les deux dans le même dossier MDPH. La CDAPH examinera les deux demandes et attribuera celui (ou ceux) qui convient le mieux. Attention : l’AEEH avec complément aide humaine et la PCH aide humaine ne se cumulent pas (il faut choisir l’une ou l’autre pour ce volet). Mais l’AEEH de base peut se cumuler avec la PCH, y compris une PCH incluant l’aide humaine, si l’aide humaine a été financée via AEEH avant.
Quel est le montant maximum de l'AEEH en 2025 ?
L’AEEH de base est de 134,32 € (taux 50-79 %) ou 176,12 € (taux ≥ 80 %). Le complément d’AEEH varie de 97,70 € à 585,96 € par mois selon le niveau de handicap. Donc au maximum, environ 760 € de base + complément. Consulter le simulateur AEEH pour connaître le montant exact selon le situation.
La PCH est-elle soumise à des conditions de ressources ?
Oui et non. Le plafond de ressources pour la PCH varie fortement selon le département. Certains départements n’appliquent aucun plafond (sauf si la PCH aide humaine), tandis que d’autres imposent un plafond autour de 900 € de revenu par mois. Il est indispensable de vérifier auprès de la MDPH du département concerné. Pour l’AEEH, le contrôle de ressources est minimal et beaucoup moins restrictif.
Si l'enfant est en institut spécialisé, peut-on demander la PCH ou l'AEEH ?
Oui, même si l’enfant est en ITEP, IME ou établissement spécialisé. L’AEEH et la PCH peuvent coexister avec l’accueil en établissement. Cependant, l’établissement doit fournir les services de base (repas, encadrement). L’AEEH et la PCH couvrent les besoins additionnels à la maison et pendant les périodes de congé. Lors du dossier, bien justifier pourquoi une aide supplémentaire est nécessaire même avec l’établissement.
Que se passe-t-il quand l'enfant atteint 20 ans ?
Peut-on demander la PCH pour des frais de transport scolaire adapté ?
Oui, la PCH peut financer le transport spécialisé si les transports publics standards ne sont pas accessibles. Cependant, souvent le département ou la région finance le transport scolaire adapté directement, sans passer par la PCH. Il est recommandé de demander à la MDPH et au rectorat pour clarifier qui finance quoi. L’AEEH peut aussi contribuer aux frais de transport.
Ressources et accompagnement
Constituer un dossier MDPH pour l’AEEH ou la PCH peut être complexe. Plusieurs ressources sont disponibles :
- Guide complet pour constituer un dossier MDPH avec tous les documents et conseils.
- Conseils pour bien remplir le certificat médical MDPH, clé de la reconnaissance.
- Projet de vie MDPH : comment exprimer les besoins et les projets de l’enfant.
- PCH aide humaine : page détaillée sur le financement de l’aide à domicile.
- Simulateur PCH pour estimer le montant potentiel selon les besoins.
- Simulateur AEEH pour connaître l’allocation estimée.
Les familles peuvent aussi se faire accompagner gratuitement par :
- Les services sociaux de la MDPH : une assistante sociale peut aider à constituer le dossier.
- Les associations de parents (Unapei, APF, Fédération des APF Etudiants, etc.) : conseils et retours d’expérience.
- Les maisons France Services : accompagnement administratif gratuit.
- Un mandataire MDPH (si la famille a besoin d’être représentée).
Besoin d’un conseil personnalisé ? L’équipe de portail-handicap.fr est disponible pour vous orienter dans le choix entre ces deux allocations et vous aider dans vos démarches MDPH.
Témoignages
— Sandrine, 48 ans, maman de Lucas (11 ans, autisme)Franchement nous on a galéré pendant des mois avec la question AEEH ou PCH.. au final on a demandé les deux du même coup à la MDPH. Lucas avait un taux de 80%, donc on a eu les deux : l’AEEH pour couvrir les frais de scolarité adaptée, et la PCH pour financer ses 15 heures d’aide humaine par semaine. Grâce à ça on a pu garder une aide à domicile et c’est vraiment devenu gérable pour la famille. Portail-handicap avait des explications super claires sur comment les deux fonctionnent ensemble.
— Jérôme, 52 ans, papa de Sofia (9 ans, paralysie cérébrale)Pour nous la PCH c’était vraiment indispensable. Sofia avait besoin d’une douche accessible et d’une aide pour se laver tous les jours, c’était pas des petites dépenses. La PCH a couvert 60% des travaux et l’aide humaine, l’AEEH toute seule n’aurait jamais suffi. Après 1 an et demi de démarches on a fini par l’avoir mais ça valait le coup.
— Véronique, 55 ans, enseignante et maman d'Antoine (13 ans, dyslexie sévère)Bon nous avec Antoine on a demandé que l’AEEH parce que les frais étaient surtout de la rééducation et du soutien scolaire, pas besoin d’une aide humaine ou d’aménager la maison. L’AEEH + complément on a eu environ 400 € par mois, c’est vrai que ça aide pas mal. Après 4 mois la demande a été acceptée.



