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Troubles DYS : dyslexie, dyspraxie et dyscalculie

Les troubles DYS désignent un ensemble de difficultés durables d’apprentissage et de coordination qui affectent les personnes dès l’enfance. Contrairement aux idées reçues, ces troubles ne sont pas liés à un manque de capacités intellectuelles, mais à un fonctionnement neurologique différent du cerveau.

La dyslexie (trouble de la lecture), la dyspraxie (trouble de la coordination), la dyscalculie (trouble du calcul), la dysorthographie (trouble de l’écriture) et la dysphasie (trouble du langage) sont les plus courants. Chaque trouble a ses spécificités, mais tous requièrent une prise en charge précoce et des aménagements adaptés à l’école et dans le monde du travail.

Cette page explique ce que sont les troubles DYS, comment les identifier, quels droits et aides existent pour les personnes concernées et leurs familles.

Troubles DYS : pas une question d'intelligence

Les troubles DYS ne sont pas causés par un manque de travail, de motivation ou d’intelligence. C’est un fonctionnement du cerveau différent, souvent héréditaire. Une personne dyslexique peut avoir une excellente mémoire visuelle ou un talent artistique remarquable. Les aménagements (plus de temps, outils numériques, police de caractères adaptée) permettent aux personnes concernées de compenser leurs difficultés.

Qu’est-ce que les troubles DYS ?

Les troubles DYS sont des troubles spécifiques d’apprentissage et de développement qui apparaissent dès l’enfance, souvent détectés à l’école primaire ou au collège. Ils sont dus à une différence dans la manière dont le cerveau traite certaines informations : la lecture, l’écriture, le calcul, la coordination des mouvements ou le langage oral.

Ces troubles :

  • Sont d’origine neurobiologique (structurelle du cerveau)
  • Apparaissent précocement, généralement entre 5 et 7 ans
  • Sont durables et persistants à l’âge adulte
  • Ne disparaissent pas, mais peuvent être atténués grâce à des aménagements et une prise en charge adaptée
  • Ont souvent une composante génétique (plusieurs membres de la famille sont touchés)
  • Sont indépendants du niveau d’intelligence générale
⚖️ Article L. 114 du Code de l'action sociale et des familles

« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’une polyhandicap ou trouble de santé chronique. »

Les différents types de troubles DYS

La dyslexie : trouble spécifique de la lecture

La dyslexie est le trouble DYS le plus fréquent. La personne dyslexique a des difficultés importantes et durables à reconnaître et décoder les lettres et les mots écrits. Elle peut :

  • Confondre des lettres ressemblantes (b/d, p/q)
  • Lire très lentement, ce qui fatigue rapidement
  • Comprendre le sens des mots mais avoir du mal à les lire à voix haute
  • Inverser l’ordre des lettres dans un mot (lire « sel » à la place de « les »)

Impact : La dyslexie rend les apprentissages scolaires plus lents et fatigants, mais n’affecte pas l’intelligence. Beaucoup de dyslexiques réussissent excellemment à l’école et dans leur vie professionnelle avec des aménagements.

La dyspraxie : trouble de la coordination et des gestes

La dyspraxie affecte la capacité à planifier et exécuter les gestes volontaires. La personne dyspraxique a des difficultés à :

  • Écrire à la main (maladresse, écriture difficile à lire)
  • S’habiller, manger, faire des gestes du quotidien de manière fluide
  • Pratiquer un sport, faire du bricolage ou des travaux manuels
  • Se repérer dans l’espace (gauche/droite, distances)
  • Suivre plusieurs instructions à la fois

Impact : La dyspraxie peut entraîner de l’isolement social si la personne évite les activités de groupe. À l’école, les enfants dyspraxiques se fatiguent vite à cause de l’effort que demande l’écriture manuelle.

La dyscalculie : trouble du calcul et des mathématiques

La dyscalculie est une difficulté durable à comprendre les concepts numériques et à effectuer des opérations mathématiques. La personne dyscalculique peut :

  • Avoir du mal à comprendre les chiffres et leur valeur
  • Avoir des difficultés à mémoriser les tables de multiplication
  • Lire un nombre « 24 » comme « 42 »
  • Avoir du mal à gérer l’argent ou à faire des calculs de base
  • Trouver les problèmes mathématiques abstraits très difficiles

Impact : La dyscalculie peut créer une phobie des mathématiques et affecter la confiance en soi. Elle peut aussi compliquer l’accès à certains métiers, mais beaucoup de personnes dyscalculiques réussissent avec des outils (calculatrice, logiciels spécialisés).

La dysorthographie : trouble de l’écriture et de l’orthographe

La dysorthographie est une difficulté à orthographier les mots et à suivre les règles grammaticales. Souvent associée à la dyslexie, elle se manifeste par :

  • Des erreurs d’orthographe persistantes et des inversions de lettres
  • Une difficulté à appliquer les règles grammaticales
  • Une écriture lente et laborieuse

La dysphasie : trouble du langage oral

La dysphasie affecte le développement et l’utilisation du langage parlé. La personne dysphasique peut avoir des difficultés à :

  • Prononcer certains sons
  • Construire des phrases correctes
  • Trouver les mots (chercher longtemps avant de parler)
  • Comprendre les consignes verbales
💡 Cas pratique : la dyslexie en classe

Thomas a 10 ans et est dyslexique. Pendant les cours, il doit lire un texte de 5 pages. Ses camarades mettent 15 minutes, Thomas en met 45 minutes, ce qui l’épuise. Grâce à un aménagement (version du texte agrandie, police sans-serif, plus de temps), Thomas arrive à lire presque aussi vite que ses camarades et peut se concentrer sur la compréhension au lieu de fatiguer sur le décodage.

Comment identifier les troubles DYS ?

Le diagnostic des troubles DYS est important pour mettre en place les aménagements nécessaires. Il repose généralement sur :

Étapes du diagnostic

  1. Observation des signes : parents et enseignants remarquent des difficultés persistantes (lenteur de lecture, écriture désorganisée, maladresse, etc.)
  2. Consultation médicale : visite chez le médecin scolaire, le pédiatre ou le médecin généraliste
  3. Évaluation psychométrique : un psychologue ou un neuropsychologue effectue des tests pour mesurer les capacités et les difficultés spécifiques
  4. Bilan orthophonique ou psychomoteur : selon le trouble suspect (dyslexie → orthophoniste, dyspraxie → ergothérapeute)
  5. Diagnostic : professionnel propose un diagnostic et recommande des aménagements

La durée du diagnostic peut être longue. D’où l’importance de consulter dès les premiers signes, généralement au moment de l’apprentissage de la lecture (classe de GS ou CP).

⚠️ Ne pas attendre pour diagnostiquer

Plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge peut commencer tôt et meilleurs sont les résultats scolaires. Un enfant qui souffre en silence d’une dyslexie non diagnostiquée peut développer une anxiété scolaire ou une phobie de l’école. Si un enfant montre des signes de troubles DYS (retard de langage, maladresse, difficultés de lecture), il est important de consulter rapidement un spécialiste.

Droits et aides pour les enfants et adolescents

Les enfants atteints de troubles DYS ont droit à des aides scolaires et administratives pour compenser leurs difficultés et poursuivre leur scolarité dans les meilleures conditions.

Reconnaissance administrative : la MDPH

Pour bénéficier d’aménagements scolaires formels, la famille doit faire une demande auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Le diagnostic médical (sous forme d’un certificat médical) est nécessaire.

La MDPH évalue si le trouble affecte significativement la scolarité et propose :

  • Un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) : document qui décrit les aménagements spécifiques
  • Une notification de reconnaissance de handicap
  • Éventuellement, une aide humaine (AESH) si nécessaire
  • Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé (AEEH)

La demande MDPH doit inclure :

  • Un formulaire Cerfa
  • Un certificat médical datant de moins de 3 mois
  • Un bilan psychométrique ou orthophonique
  • Un dossier scolaire
  • Une lettre de demande expliquant les aménagements souhaités
AEEH et troubles DYS

Les enfants atteints de troubles DYS peuvent percevoir l’Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé (AEEH) si leur situation répond aux critères. Le montant dépend du classement du handicap. En 2025, l’AEEH de base est de 142,42 € par mois, majorée si besoin.

Aménagements scolaires

Avec un diagnostic et une demande MDPH, l’école doit mettre en place des aménagements :

  • Aménagements pédagogiques : plus de temps pour les examens et contrôles, police de caractères agrandie, version audio des textes, calculator autorisée
  • Matériel spécialisé : ordinateur, logiciels adaptés (lecteur d’écran pour dyslexie), adaptateur d’écriture pour dyspraxie
  • Aide humaine (AESH) : un aide-soignant peut accompagner l’enfant en classe ou en dehors
  • Rééducation : orthophonie, psychomotricité, prise en charge spécialisée

Prise en charge thérapeutique

Au-delà de l’école, la prise en charge spécialisée est essentielle :

  • Orthophonie : pour la dyslexie, la dysphasie et la dysorthographie
  • Psychomotricité / ergothérapie : pour la dyspraxie
  • Suivi psychologique : pour l’anxiété, la confiance en soi

Ces prestations peuvent être remboursées par la Sécurité sociale si elles sont prescrites par un médecin, et complétées par des organismes comme les CAMSP (Centres d’Action Médico-Sociale Précoce) pour les enfants de moins de 6 ans.

📊 Prévalence des troubles DYS

Environ 5 à 10% de la population générale est affectée par un ou plusieurs troubles DYS. La dyslexie est le plus courant (3-4%), suivie de la dyspraxie et de la dyscalculie. Ces chiffres incluent les personnes non diagnostiquées, le nombre réel pouvant être plus élevé.

Droits et aides pour les adultes

Les troubles DYS ne disparaissent pas avec l’âge. Les adultes continuent à rencontrer des difficultés dans leur vie quotidienne et professionnelle.

Reconnaissance en tant que travailleur handicapé

Un adulte avec des troubles DYS significatifs peut demander la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) auprès de la MDPH. Cette reconnaissance offre :

  • Accès aux services de Cap Emploi ou aux services d’orientation spécialisés
  • Accès aux entreprises adaptées ou travail en ESAT (si handicap sévère)
  • Aménagements de poste (matériel adapté, horaires flexibles, espaces calmes)
  • Protection contre la discrimination à l’embauche
  • Possibilité d’accès à Pôle Emploi avec statut spécifique

Pour obtenir la RQTH, il faut justifier d’une limitation d’activité professionnelle avec un diagnostic médical.

Aménagements à l’université et en formation

Les étudiants atteints de troubles DYS ont droit à des aménagements universitaires :

  • Plus de temps pour les examens (tiers-temps ou plus)
  • Salles d’examen séparées
  • Utilisation d’un ordinateur ou d’outils assistifs
  • Prise de notes assistée ou polycopiés des cours
  • Accès aux services d’aide aux étudiants handicapés

L’étudiant doit se rapprocher du Handicap Office ou du service d’accessibilité de son université avec un diagnostic en main.

Aménagements au travail

Une personne travaillant avec des troubles DYS a droit à des aménagements de poste :

  • Matériel spécialisé (logiciels, lecteur d’écran, numériseur)
  • Télétravail partiel pour réduire la fatigue
  • Horaires adaptés
  • Tâches réajustées selon les capacités
  • Formation continue spécialisée

L’aménagement doit être demandé à l’employeur ou avec l’aide d’un Cap Emploi.

Troubles DYS et emploi : des parcours réussis

Beaucoup de personnes avec des troubles DYS réussissent leur parcours professionnel. Certains métiers sont particulièrement adaptés (secteur créatif, entrepreneuriat, métiers visuels). L’important est d’identifier les forces de la personne et de trouver un poste qui en tire parti, plutôt que de se concentrer sur les difficultés.

L’essentiel à retenir

📌 Points clés sur les troubles DYS

  • Les troubles DYS sont des troubles spécifiques d’apprentissage d’origine neurobiologique, indépendants du niveau d’intelligence.
  • Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie et dysphasie sont les principaux types.
  • Un diagnostic précoce (à l’école) permet une prise en charge rapide et des aménagements efficaces.
  • Les enfants peuvent bénéficier d’une notification MDPH, d’un PPS, d’aménagements scolaires et d’aide humaine.
  • Les adultes peuvent obtenir la RQTH et des aménagements professionnels.
  • Une prise en charge thérapeutique (orthophonie, psychomotricité) est souvent nécessaire et peut être remboursée.
  • Avec les bonnes aides et aménagements, les personnes atteintes de troubles DYS peuvent réussir leurs études et leur carrière.

Questions fréquentes

Questions fréquentes


Qu'est-ce qui différencie une dyslexie d'une simple lenteur de lecture ?

Un enfant lent à lire peut progresser et finir par lire à une vitesse normale avec de la pratique. Un dyslexique, lui, aura toujours des difficultés de décodage malgré la pratique. La dyslexie se définit par des erreurs systématiques (inversions, confusions de lettres) et une fatigue importante lors de la lecture, persistantes dans le temps.

Les troubles DYS sont-ils héréditaires ?

Oui, les troubles DYS ont une forte composante génétique. Un enfant dont l’un des parents ou un frère/sœur est dyslexique a plus de risque d’être aussi dyslexique. Cependant, ce n’est pas une certitude, et tous les enfants d’une famille ne sont pas systématiquement affectés.

Un enfant dyslexique peut-il aller en classe ordinaire ou doit-il aller en classe spécialisée ?

Un enfant dyslexique doit autant que possible rester en classe ordinaire avec ses pairs. C’est le principe d’inclusion scolaire. Des aménagements (aides humaines, matériel spécialisé, plus de temps) permettent l’enfant de suivre le cursus normal. Une classe spécialisée n’est envisagée que si les difficultés sont très sévères ou si d’autres handicaps s’ajoutent.

Un adulte avec une dyslexie non diagnostiquée peut-il demander la RQTH ?

Oui, il n’y a pas de délai pour demander un diagnostic et une RQTH. Un adulte dyslexique non diagnostiqué dans l’enfance peut consulter un neuropsychologue, obtenir un diagnostic et demander la reconnaissance auprès de la MDPH. Cela ouvre droit à des aménagements professionnels rétroactifs.

Les rééducations (orthophonie, psychomotricité) sont-elles remboursées ?

Oui, si elles sont prescrites par un médecin, les rééducations sont en partie remboursées par la Sécurité sociale (65 % généralement). Une mutuelle complémentaire peut rembourser le reste. Certains enfants bénéficient aussi de prises en charge dans des structures (CAMSP, CMP) sans frais directs.

Comment expliquer les troubles DYS à un enfant ?

Une bonne approche est de dire que le cerveau de l’enfant fonctionne « différemment » et que ce n’est pas de sa faute ou un manque d’intelligence. On peut comparer à un ordinateur qui a un logiciel fonctionnant différemment : ce n’est pas cassé, c’est juste différent. Les aménagements (comme des lunettes pour les yeux) aident le cerveau à mieux traiter l’information.


📞 Besoin d'aide pour diagnostiquer ou aménager la scolarité ?

Portail-handicap.fr accompagne les familles et les adultes dans leurs démarches liées aux troubles DYS. Contactez-nous pour des conseils personnalisés sur les démarches MDPH, les aménagements scolaires ou professionnels.

Témoignages

Franchement c’était un vrai choc quand on a découvert que ma fille était dyslexique en CM1. J’avais l’impression que j’avais raté quelque chose en tant que mère mais le psy nous a expliqué que c’était neurobiologique. Avec la demande MDPH et les aménagements à l’école (ordinateur portable + plus de temps aux tests), elle a enfin pu respirer. Elle a même eu une mention bien au bac. Merci aux gens qui l’ont soutenue.

— Sandrine, 48 ans, mère d'une enfant dyslexique

J’ai découvert ma dyspraxie à 30 ans seulement.. honnêtement j’ai galèré pendant des années au travail, je m’en prenais plein la tête parce que j’étais maladroit, je mettais plus de temps. Une fois qu’on m’a proposé la RQTH et qu’on a aménagé mon poste (télétravail 3 jours par semaine, un assistant pour les tâches manuelles), mon chiffre d’affaires a explosé. C’est fou ce que des aménagements simples peuvent changer.

— Julien, 34 ans, travailleur handicapé avec dyspraxie

Bah moi quand j’étais au collège j’étais terrorisée par les maths, j’avais 5 de moyenne et franchement je me demandais comment j’allais y arriver. Puis diagnostic en 3e, et avec la calculatrice autorisée et plus de temps aux exams, j’ai pu me concentrer sur la compréhension plutôt que sur des calculs purs. Je suis à la fac en sciences éco maintenant. Pas facile tous les jours mais ça marche vraiment si on a les bons outils.

— Claire, 28 ans, étudiante avec dyscalculie