Pour une personne autiste, accéder à l’emploi et s’y maintenir représente un défi majeur. Selon les études, plus de 80 % des adultes autistes sont au chômage ou inactifs, alors même que beaucoup souhaiteraient travailler. Cette situation résulte souvent d’obstacles administratifs, de préjugés en entreprise, ou d’un manque d’aménagements adaptés à leurs besoins spécifiques.
Cette page détaille les droits des personnes autistes en matière d’emploi, les dispositifs d’accompagnement existants, et les solutions concrètes pour faciliter l’insertion ou le maintien dans le monde du travail. L’objectif : permettre à chaque personne autiste de valoriser ses compétences et de contribuer à la vie économique selon ses capacités et ses aspirations.
Reconnaissance du statut de travailleur handicapé : la RQTH
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est la clé d’accès aux droits et aménagements professionnels pour une personne autiste. Ce statut administratif, accordé par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) de la MDPH, ouvre l’accès à plusieurs avantages essentiels.
La RQTH est une reconnaissance officielle du handicap qui permet à la personne en situation de handicap de bénéficier d’aménagements au travail, d’accès à des formations spécialisées, et de droits spécifiques auprès des employeurs. Elle ne repose pas sur l’attribution d’une allocation, mais sur une évaluation des capacités à travailler.
Comment demander la RQTH ? La demande se fait auprès de la MDPH du lieu de résidence, en remettant un dossier complet incluant :
- un formulaire Cerfa n° 15692*01 (demande d’aide ou d’action) ;
- un certificat médical détaillé décrivant les limitations fonctionnelles liées à l’autisme ;
- une preuve d’identité et de résidence ;
- un curriculum vitae ou un justificatif de formation (scolarité, diplômes) ;
- éventuellement, un diagnostic de TSA ou un rapport d’évaluation psychologique.
La MDPH dispose de 4 mois pour statuer sur la demande de RQTH. Durant cette période, il est conseillé à la personne concernée de se faire accompagner par une assistante sociale, une association, ou un service d’aide spécialisé afin d’optimiser la qualité du dossier. Un dossier incomplet peut entraîner un refus ou un allongement des délais.
Aménagements du poste de travail pour les personnes autistes
Une fois la RQTH obtenue, la personne autiste peut négocier des aménagements spécifiques avec son employeur. Ces adaptations visent à atténuer les difficultés liées aux particularités sensorielles, relationnelles ou organisationnelles de l’autisme.
Exemples d’aménagements courants :
- Environnement sensoriel adapté : réduction des bruits, lumières tamisées, espace de travail isolé, possibilité d’utiliser des bouchons d’oreilles ou des casques antibruit ;
- Horaires flexibles : télétravail partiel ou total, horaires aménagés pour éviter les pics sensoriels ou les embouteillages ;
- Clarté des consignes : documents écrits plutôt que verbal, instructions détaillées et structurées, listes de tâches claires ;
- Réduction des interactions sociales obligatoires : limitation des réunions, communication par email favorisée, télétravail pour les tâches solitaires ;
- Temps supplémentaire : délais élargis pour les projets, absence de deadline trop stricte ;
- Accompagnement spécialisé : job coaching, pairs tuteurs ou mentors formés à l’autisme.
Marc, 34 ans, diagnostiqué autiste à l’âge adulte, travaille comme développeur informatique. Après l’obtention de sa RQTH, il a négocié avec son employeur les aménagements suivants : télétravail 3 jours par semaine, suppression de la réunion d’équipe du lundi matin (remplacée par un email résumant les priorités), utilisation d’un casque antibruit, et réaffectation de ses tâches de relation client vers un collègue moins stressé par les interactions. Ces ajustements lui ont permis d’augmenter sa productivité et de réduire son anxiété, sans perte de compétence professionnelle.
Le job coaching : accompagnement professionnel spécialisé
Le job coaching est un accompagnement individualisé destiné à faciliter l’insertion ou le maintien dans l’emploi d’une personne en situation de handicap. Pour les personnes autistes, ce dispositif s’avère particulièrement efficace.
Les dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, dont le job coaching, relèvent du service public de l’emploi et de la responsabilité partagée de l’État, des régions et des partenaires du secteur associatif. Ils sont financés par des subventions publiques ou des fonds de solidarité.
Qu’est-ce qu’un job coach ? Un job coach est un professionnel formé à l’accompagnement des personnes handicapées en milieu ordinaire de travail. Il intervient directement au poste de travail pour :
- évaluer les besoins spécifiques de la personne autiste ;
- négocier des aménagements avec l’employeur ;
- former la personne aux tâches et aux codes sociaux de l’entreprise ;
- soutenir les interactions avec les collègues et la hiérarchie ;
- adapter les méthodes de travail et de communication ;
- assurer un suivi régulier et ajuster le dispositif en fonction de l’évolution.
Un accompagnement de job coaching dure généralement entre 3 et 12 mois, selon le profil et les besoins. Il est financé en partie par le Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (FIPHFP) pour les agents de l’État, ou par l’Agefiph pour le secteur privé. Certaines associations proposent aussi des services de job coaching subventionnés ou gratuits.
Pour accéder au job coaching, la personne autiste doit généralement être en possession d’une RQTH ou disposer d’une reconnaissance de handicap. Elle peut en demander l’accès via la MDPH, un Cap emploi, ou directement auprès des associations spécialisées.
Cap emploi et services d’accompagnement vers l’emploi
Un Cap emploi est un service spécialisé dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi en situation de handicap. Ces services interviennent avant, pendant et après l’accès à l’emploi.
Missions principales d’un Cap emploi :
- diagnostic des compétences et des aptitudes professionnelles ;
- orientation professionnelle personnalisée ;
- aide à la recherche d’emploi et préparation aux entretiens ;
- négociation avec les employeurs sur les aménagements ;
- mise en place d’un job coach si nécessaire ;
- suivi et stabilisation dans l’emploi ;
- conseil juridique et administratif.
Pour une personne autiste sans emploi ou en recherche de reconversion, contacter un Cap emploi permet de bénéficier d’un accompagnement gratuit et coordonné. La personne peut s’inscrire auprès de France Travail (anciennement Pôle emploi) ou directement auprès du Cap emploi local.
Entreprises inclusives et structures d’emploi adapté
Certaines entreprises se distinguent par leur engagement envers l’inclusion des personnes handicapées, dont les personnes autistes. Ces « entreprises inclusives » adoptent une politique active de recrutement, d’aménagement et de maintien des salariés en situation de handicap.
En France, seulement 3 à 4 % des salariés en emploi sont reconnus travailleurs handicapés, alors que les objectifs fixés par la loi en prévoyaient 6 %. Cette disparité reflète les obstacles persistants à l’inclusion professionnelle.
Caractéristiques des entreprises inclusives :
- accueil bienveillant et connaissance des besoins spécifiques de chaque handicap ;
- aménagements standardisés et accessibles pour tous les salariés handicapés ;
- formations internes sur la diversité et l’inclusion ;
- partenariats avec des job coaches ou des associations ;
- politique de non-discrimination explicite ;
- ressources humaines sensibilisées aux particularités du handicap.
Pour identifier des entreprises inclusives, une personne autiste peut consulter les annuaires en ligne, des associations spécialisées dans l’autisme, ou demander conseil à un Cap emploi.
Secteurs d’emploi particulièrement accessibles aux personnes autistes
Certains secteurs professionnels se montrent plus ouverts à l’embauche de personnes autistes, notamment en raison des compétences souvent présentes chez les personnes autistes : rigueur, capacité de concentration, attention au détail, pensée systémique.
Secteurs porteurs :
- Informatique et développement logiciel : les compétences analytiques et la capacité à se focaliser sur un problème complexe sont très valorisées ;
- Sciences et recherche : microbiologie, chimie, physique, où la précision et la rigueur sont essentielles ;
- Archivage et gestion documentaire : organisation, classification, maîtrise de systèmes structurés ;
- Graphisme et design : vision détaillée et sens esthétique développé ;
- Métiers manuels spécialisés : menuiserie, horlogerie, électronique, électricité ;
- Comptabilité et audit : précision dans les chiffres, détection d’anomalies ;
- Bibliothéconomie et documentation : classification, organisation, expertise thématique.
Bien que certains secteurs soient statistiquement plus accessibles, chaque personne autiste est unique. Les intérêts, compétences et aspirations varient considérablement d’une personne à l’autre. L’orientation professionnelle doit toujours être individualisée et respecter le projet personnel de la personne concernée, non pas la réduire à un profil stéréotypé.
Gestion du stress et de l’anxiété au travail
De nombreuses personnes autistes rapportent un niveau d’anxiété ou de stress plus élevé en milieu professionnel. Cela peut être lié aux interactions sociales, aux changements inattendus, aux surcharges sensorielles, ou à la pression des délais. Gérer ces aspects est crucial pour la stabilité en emploi.
Stratégies pour réduire le stress :
- établir une routine claire et prévisible au quotidien ;
- utiliser des outils de gestion du temps (agendas, alarmes, rappels visuels) ;
- prendre des pauses régulières dans un espace calme ;
- utiliser des techniques de relaxation ou de pleine conscience ;
- bénéficier d’un suivi psychologique ou d’une thérapie cognitive-comportementale (TCC) ;
- communiquer ouvertement avec le manager sur ses limites et ses besoins ;
- se former à l’assertivité et aux techniques de communication non-violente.
Certains employeurs proposent aussi des accès à des programmes de bien-être (gym, méditation, relaxation) qui bénéficient à tous les salariés, y compris les personnes autistes.
Droits et obligations légales
En France, l’emploi des personnes handicapées est régi par un cadre juridique spécifique qui protège les droits du travailleur handicapé tout en fixant des obligations aux employeurs.
Cette loi fondatrice établit le droit au travail pour les personnes handicapées et impose aux entreprises d’au moins 20 salariés une obligation d’emploi de personnes handicapées, fixée à 6 % de l’effectif total. En cas de non-respect, une contribution financière (taxe Agefiph) est prélevée.
Droits du travailleur autiste :
- non-discrimination à l’embauche ou pendant l’emploi en raison du handicap ;
- droit à des aménagements raisonnables du poste de travail ;
- accès aux formations professionnelles et à la mobilité professionnelle ;
- protection de la vie privée : l’employeur ne peut pas divulguer le statut RQTH sans consentement ;
- droit au congé de présentation médicale (pour visites chez des professionnels de santé) ;
- droit à une période d’essai plus courte (si demandé) ou à une formation adaptée ;
- droit à la rupture du contrat de travail selon les conditions ordinaires du droit du travail.
Obligations de l’employeur :
- examiner sérieusement les demandes d’aménagement et justifier tout refus ;
- respecter la confidentialité du statut RQTH ;
- participer à la mise en place des aménagements et assurer leur continuité ;
- former les managers et collègues si besoin (sensibilisation à l’autisme) ;
- adapter les méthodes de travail et les outils si possible ;
- évaluer régulièrement l’efficacité des aménagements et les ajuster.
En cas de conflit ou de non-respect de ces droits, la personne autiste peut se tourner vers le Défenseur des droits, un syndicat, une association spécialisée, ou un conseil prud’homal.
Financement et aides pour l’embauche
Afin d’encourager l’embauche de personnes handicapées, plusieurs aides financières sont disponibles auprès des employeurs. Ces subventions visent à compenser les coûts supplémentaires liés aux aménagements.
L’Agefiph (secteur privé) et le FIPHFP (fonction publique) proposent des aides à la création de postes, au recrutement, à l’aménagement du poste, et au maintien dans l’emploi. Ces aides sont partiellement ou totalement remboursables en fonction du profil et du contexte. Consulter directement l’Agefiph ou le FIPHFP permet d’évaluer la faisabilité financière d’une embauche.
Ressources et associations spécialisées
Plusieurs associations spécialisées dans l’autisme proposent des accompagnements dédiés à l’emploi :
- Autisme France : ressources, orientation, défense des droits ;
- Pro Infirmis (en Suisse notamment) : placement professionnel pour adultes autistes ;
- Specialisterne : plateforme d’emploi spécialisée et job coaching pour personnes autistes ;
- Asperger Aide France : accompagnement spécifique pour femmes et hommes autistes ;
- Collectif Autisme : militantisme et ressources pratiques.
La MDPH locale et les Cap emploi régionaux restent les premiers interlocuteurs pour lancer les démarches officielles.
Reconversion professionnelle et mobilité de carrière
Une personne autiste peut être confrontée à un besoin de reconversion professionnelle pour plusieurs raisons : un emploi actuel devenu incompatible avec des difficultés émergentes, une rupture de poste faute d’aménagements, ou simplement le souhait d’explorer un nouveau secteur.
Sophie, 42 ans, enseignante depuis 15 ans, diagnostiquée autiste il y a 3 ans, a constaté que l’augmentation du bruit en classe et les interactions sociales constantes détérioraient sa santé mentale. Avec l’appui d’un Cap emploi et d’une psychologue du travail, elle a suivi une formation en ingénierie pédagogique, un domaine moins exposé aux interactions directes. Après 6 mois d’accompagnement, elle a obtenu un poste dans une école utilisant une plateforme d’e-learning, où elle apporte son expertise pédagogique dans un environnement moins sensoriel. Sa reconversion a été financée par une aide régionale et un congé de formation.
Pour une personne autiste envisageant une reconversion, le parcours typique est :
- bilan de compétences auprès d’un Cap emploi ou d’un prestataire spécialisé ;
- exploration des secteurs accessibles tenant compte des spécificités sensorielles et sociales ;
- accès à une formation adaptée (CIF, CPF, contrats d’alternance) ;
- mise en place d’un job coach si la formation débouche sur une embauche ;
- suivi post-recrutement pour assurer la stabilisation.
Télétravail et travail à distance
Depuis la pandémie de COVID-19, le télétravail s’est démocratisé et constitue un aménagement particulièrement apprécié par les personnes autistes. L’absence de trajet, l’environnement contrôlable à domicile, et la réduction des interactions sociales obligatoires en font un dispositif très bénéfique.
Bien que bénéfique pour beaucoup, le télétravail dépend de la nature du poste et reste à la discrétion de l’employeur. Une personne autiste peut demander le télétravail au titre de l’aménagement RQTH, mais cette demande doit être justifiée et négociée. Certains employeurs exigent un jour de présence par semaine pour maintenir le lien d’équipe.
Les avantages du télétravail pour les personnes autistes :
- réduction des surcharges sensorielles (bruits de bureau, lumières fluorescentes) ;
- création d’un environnement sensoriel optimisé (musique apaisante, lighting, isolation) ;
- meilleure gestion du stress et de l’anxiété ;
- gain de temps (pas de trajet, moins d’interactions forcées) ;
- meilleure productivité et concentration ;
- flexibilité pour gérer les rendez-vous médicaux.
Transition de la scolarité vers l’emploi
La transition de la vie scolaire vers l’emploi est une étape critique pour les jeunes autistes. Pendant la scolarité, l’accompagnement est structuré ; à la sortie, la personne doit basculer vers des dispositifs plus autonomes.
Préparation en amont :
- inclure l’employabilité dès le projet éducatif individualisé (PEI) ou le plan personnalisé de scolarisation (PPS) ;
- proposer des stages en entreprise dès le collège ou le lycée ;
- former à l’autonomie, la gestion des émotions, et les codes sociaux du monde du travail ;
- mettre en place un projet professionnel clair et réaliste ;
- anticiper la transition vers une structure d’emploi adapté ou un emploi en milieu ordinaire.
A la sortie de l’école, la personne autiste et sa famille doivent solliciter rapidement la MDPH pour obtenir une RQTH et accéder aux dispositifs d’accompagnement (Cap emploi, job coaching). L’organisation progressive et l’implication des parents ou tuteurs légaux restent essentielles.
Dépression et burnout professionnel chez les personnes autistes
Les personnes autistes sont statistiquement plus exposées à la dépression et au burnout en milieu professionnel. Les causes incluent l’effort constant pour « s’adapter » à un environnement non-autiste, les interactions sociales exigeantes, et le masquage autistique (suppression volontaire de traits autistiques pour se fondre dans le groupe).
Le masquage (ou camouflage) autistique est une stratégie inconsciente ou volontaire consistant à imiter les comportements neurotypiques pour éviter la stigmatisation. En milieu professionnel, cette pratique est épuisante et augmente le risque de burnout. Reconnaître et accepter son autisme au travail, plutôt que le cacher, améliore la santé mentale long terme.
Signes d’alerte :
- fatigue extrême et persistante malgré le repos ;
- perte de motivation pour le travail ou pour les activités habituelles ;
- irritabilité ou crises sensorielles fréquentes ;
- insomnie ou hypersomnie ;
- isolement social, mêmes en dehors du travail ;
- pensées négatives ou dépressives ;
- diminution de la performance ou des erreurs inhabituelles.
En cas de souffrance, la personne autiste ne doit pas hésiter à consulter un médecin du travail, un psychologue, ou à demander un arrêt de travail. Un congé de stabilisation ou un aménagement de poste temporaire peuvent permettre une récupération.
Créativité entrepreneuriale et travail indépendant
Certaines personnes autistes préfèrent l’entrepreneuriat ou le travail indépendant, qui offre une meilleure autonomie et un contrôle accru sur l’environnement de travail. Cette voie comporte cependant des défis organisationnels et administratifs.
Thomas, 38 ans, diagnostiqué autiste, a quitté un emploi de consultant en mécanique pour lancer son propre cabinet de conseil. En tant qu’indépendant, il peut choisir ses clients (privilégiant les relations moins sociales), fixer ses horaires, travailler de chez lui, et structurer son activité selon ses forces. Il emploie une gestionnaire administrative pour gérer la partie bureaucratique, qui le stress considérablement. Cette option n’aurait pas été possible dans un emploi salarié classique.
Avant de se lancer, une personne autiste envisageant l’entrepreneuriat doit :
- bénéficier d’un diagnostic clair et d’une RQTH si possible ;
- réaliser un business plan réaliste en tenant compte de ses limites ;
- prévoir l’aide administrative (comptable, gestionnaire) ;
- consulter un organisme d’aide aux créateurs (Chambre de commerce, CCI) ;
- explorer les aides spécifiques aux créateurs en situation de handicap ;
- déléguer les tâches les plus difficiles pour préserver son bien-être.
L’essentiel à retenir
- RQTH : reconnaissance administrative essentielle pour accéder aux droits et aménagements au travail. Demande auprès de la MDPH.
- Aménagements du poste : sensoriel (bruit, lumière), horaires flexibles, télétravail, clarté des consignes. Adapter le poste aux besoins individuels.
- Job coaching : accompagnement individualisé au poste de travail, financé par l’Agefiph ou le FIPHFP. Durée : 3-12 mois.
- Cap emploi : service gratuit d’accompagnement vers l’emploi. Accessible après inscription auprès de France Travail.
- Entreprises inclusives : identifier les employeurs sensibilisés au handicap et à l’autisme. Consulter les annuaires ou les associations.
- Secteurs porteurs : informatique, sciences, design, métiers manuels. Adapter toujours au profil individuel, sans stéréotypes.
- Droits du travailleur : non-discrimination, aménagements raisonnables, confidentialité du statut RQTH. Recours possibles en cas de violation.
- Télétravail : aménagement très bénéfique réduisant les surcharges sensorielles et le stress. À demander au titre de la RQTH.
- Santé mentale : attention au masquage, dépression et burnout. Consulter un psychologue ou un médecin du travail en cas de souffrance.
- Ressources : MDPH, Cap emploi, associations spécialisées (Autisme France, Specialisterne, Asperger Aide France).
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui change quand on obtient la RQTH ?
La RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) ouvre l’accès à plusieurs droits : aménagements du poste de travail, accès à des formations spécialisées, priorité dans les offres d’emploi destinées aux personnes handicapées, accompagnement par un Cap emploi ou un job coach, possibilité de contrats aidés, et reconnaissance officielle auprès de l’employeur. Cependant, la RQTH ne garantit pas l’emploi et reste confidentielle : l’employeur n’en est informé que si la personne en situation de handicap le souhaite ou si elle demande un aménagement spécifique.
Est-ce que je dois obligatoirement dire à mon employeur que je suis autiste ?
Non. La RQTH est un document confidentiel. L’employeur ne peut l’apprendre que si la personne en situation de handicap le lui communique volontairement ou si elle demande un aménagement du poste (auquel cas l’employeur peut en connaître l’existence, mais pas les détails du diagnostic). Toutefois, communiquer son autisme à un manager bienveillant et informé peut faciliter la mise en place d’aménagements, sans obligation légale de le faire.
Combien de temps dure un accompagnement de job coaching ?
La durée typique est de 3 à 12 mois, en fonction du profil, de la complexité du poste, et de la rapidité d’autonomisation. Une phase d’intégration intense (2-4 semaines) est généralement suivie d’un suivi progressivement réduit jusqu’à l’autonomie totale. La durée peut être prolongée en cas de difficultés persistantes ou raccourcie si la personne devient rapidement opérationnelle.
Quels secteurs professionnels sont les plus accessibles pour les personnes autistes ?
Les secteurs statistiquement plus accessibles incluent l’informatique, les sciences, le design, la gestion documentaire, les métiers manuels spécialisés, et la comptabilité. Ces domaines valorisent souvent les compétences en rigueur, concentration, attention au détail, et pensée systémique. Cependant, chaque personne autiste est unique : l’orientation doit toujours être individualisée selon les intérêts et compétences réelles, non basée sur un stéréotype.
Le télétravail est-il un droit si je suis reconnu travailleur handicapé ?
Le télétravail n’est pas un droit automatique, même avec la RQTH. Cependant, une personne en situation de handicap peut le demander au titre de l’aménagement raisonnable du poste. L’employeur doit étudier sérieusement la demande et la justifier s’il la refuse. Depuis la pandémie, beaucoup d’employeurs acceptent le télétravail partiellement (un ou plusieurs jours par semaine), ce qui bénéficie largement aux personnes autistes en réduisant les surcharges sensorielles.
Quel recours si mon employeur refuse les aménagements demandés ?
En cas de refus d’aménagement, la personne en situation de handicap peut : (1) documenter précisément la demande et la réponse écrite de l’employeur ; (2) solliciter un tiers de confiance (délégué du personnel, représentant syndical, job coach) pour négocier ; (3) saisir le Défenseur des droits via une réclamation ; (4) consulter un prud’homal en cas de discrimination avérée ; (5) contacter une association de défense des droits (AMDH, associations autisme). Une action légale est possible si la discrimination est confirmée, mais elle doit rester un dernier recours après tentative de négociation.
Besoin d’aide pour vos démarches ?
Obtenir une RQTH, négocier des aménagements, trouver un job coach, explorer une reconversion : les démarches pour accéder à l’emploi avec l’autisme sont complexes et souvent chronophages. Notre équipe peut vous orienter, vous expliquer vos droits, et vous accompagner dans la constitution de vos dossiers administratifs.
Ressources complémentaires
Pour approfondir vos connaissances et accéder à des outils pratiques :
- Guide complet sur l’autisme (TSA) : diagnostic, compréhension, particularités sensorielles ;
- Associations spécialisées dans l’autisme en France : accompagnement, advocacy, ressources ;
- Scolarité de l’enfant autiste : préparation à la transition vers l’emploi ;
- Établissements et services : structures d’accueil et d’orientation professionnelle ;
- Finances et patrimoine : gestion budgétaire avec des allocations ;
- Diagnostic et TDAH : comorbidités fréquentes avec l’autisme affectant l’emploi.
Témoignages
— Pierre, 31 ans, ingénieur informatique autisteFranchement, la RQTH c’est ce qui m’a sauvé mon emploi. Avant je bosais en open space avec 200 autres devs, c’était l’enfer.. bruits, lumières, interactions constantes. Après la reconnaissance, j’ai négocié du télétravail 4j/5 et un casque antibruit au bureau. Ma productivité a explosé, du coup mon manager a pas fait d’histoire. Conseil : demandez les aménagements rapidement, ne cachez pas votre autisme si ça peut vous aider !
— Justine, 28 ans, en recherche d'emploi, diagnostiquée autiste à 25 ansMoi j’ai découvert que j’étais autiste qu’à 25 ans, c’était tard, mais ça m’a expliqué pourquoi j’avais galère dans tous mes boulots avant. Cap emploi m’a bien aidée à comprendre mes forces et mes limites, et j’ai fait une formation en data avec aménagements. Un job coach m’accompagne depuis 3 mois chez un employeur inclusif, c’est vrai que ça fait une différence quand ils connaissent l’autisme d’avance. Y’a encore du chemin à faire mais j’ai de l’espoir.
— Sophie, 45 ans, maman d'un jeune autisteMon fils sort du lycée l’année prochaine et franchement ça m’angoisse pour son emploi. Il est brillant mais les interactions sociales, c’est compliqué pour lui. Je vois que portail-handicap donne plein de ressources sur l’emploi avec l’autisme.. ça me rassure un peu de savoir qu’il y a des aides, des job coaches, des secteurs où les autistes s’en sortent mieux. Je vais lui montrer les infos sur les associations et Cap emploi dès maintenant pour anticiper.



