Les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) sont des espaces de vie et d’échange pour les personnes en situation de handicap psychique. Contrairement aux structures médico-sociales classiques, les GEM fonctionnent selon le principe de l’entraide mutuelle : les adhérents ne sont pas des usagers passifs, mais des acteurs impliqués dans la vie du groupe.
Cette page détaille le fonctionnement quotidien des GEM, les activités proposées, et comment la personne en situation de handicap psychique peut intégrer un GEM à proximité.
Qu’est-ce qu’un GEM ? Définition et principes
Un GEM est une association créée par et pour les personnes atteintes de troubles psychiques (dépression, schizophrénie, troubles bipolaires, anxiété, etc.). Il s’agit d’une structure associative, souvent financée partiellement par l’État et les collectivités, mais gérée par les adhérents eux-mêmes.
Le GEM repose sur quatre principes fondamentaux :
- L’entraide mutuelle : les adhérents s’entraident entre eux pour surmonter les difficultés liées à leur trouble psychique
- L’autonomie : le GEM encourage l’indépendance et l’autodétermination de ses membres
- L’inclusion sociale : participer à un GEM facilite le lien social et l’intégration dans la communauté
- La non-discrimination : aucune sélection médicale, tous les troubles psychiques sont accueillis
Les GEM sont définis comme des « groupements informels ou structurés créés par des personnes en situation de handicap psychique ou mental pour bénéficier d’une vie sociale et de loisirs ». Ils sont reconnus et financés par l’État comme des structures d’inclusion sociale.
Le fonctionnement quotidien d’un GEM
Chaque GEM dispose d’une équipe de coordination, généralement composée d’un ou deux salariés (coordinateur, animateur) qui assurent le fonctionnement administratif et logistique. Cependant, les décisions importantes sont prises par les adhérents eux-mêmes, collectivement.
Gouvernance et organisation
La majorité des GEM sont structurés autour d’une assemblée générale d’adhérents et d’un conseil d’administration composé d’adhérents élus. Contrairement aux structures médico-sociales classiques où le personnel décide pour les usagers, un GEM garantit que les personnes en situation de handicap psychique participent activement aux décisions.
Cette gouvernance collective permet de :
- Définir les activités et projets proposés
- Gérer le budget et les ressources
- Recruter et évaluer l’équipe de coordination
- Fixer les règles de vie commune
Contrairement à un centre de jour ou une hôpital de jour classique, le GEM est piloté par ses adhérents. C’est ce qui le rend unique : ce ne sont pas des professionnels qui décident « pour » les personnes, mais les personnes qui construisent ensemble leur parcours d’inclusion.
Les activités quotidiennes
Les activités en GEM sont variées et pensées pour favoriser le lien social, l’apprentissage de compétences et le bien-être psychologique. Chaque GEM adapte son offre aux besoins et intérêts de ses adhérents.
Parmi les activités courantes, on trouve :
- Activités socio-culturelles : sorties, cinéma, spectacles, visites de musées
- Loisirs créatifs : ateliers d’art, musique, théâtre, écriture
- Activités de bien-être : yoga, méditation, sport adapté, relaxation
- Ateliers d’apprentissage : informatique, communication, gestion budgétaire
- Projets citoyens : bénévolat, engagement associatif, projets environnementaux
- Convivialité : repas partagés, café rencontres, jeux collectifs
Lundi : atelier thérapie par l’art (peinture, collage). Mardi : sortie à la médiathèque et pause café entre adhérents. Mercredi : atelier cuisine avec préparation d’un repas collectif. Jeudi : discussion de groupe sur la gestion du stress. Vendredi : loisir libre (sorties individuelles ou en petit groupe). Le week-end : activités ponctuelles organisées par les adhérents eux-mêmes.
Qui peut adhérer à un GEM ?
L’accès à un GEM est ouvert à toute personne en situation de handicap psychique ou mental, sans condition d’orientation médicale, de prescription médicale, ou de taux d’incapacité. Contrairement à d’autres dispositifs, l’adhésion à un GEM ne requiert pas de reconnaissance de travailleur handicapé ou de décision MDPH.
Les personnes concernées incluent celles atteintes de :
- Dépression, troubles dépressifs chroniques
- Schizophrénie et troubles psychotiques
- Troubles bipolaires
- Troubles anxieux invalidants
- Troubles de la personnalité
- Autres troubles mentaux invalidants
Un GEM n’est pas un dispositif réservé aux personnes « stables » ou « bien équilibrées ». Les personnes en crise, en rechute, ou ayant des symptômes importants peuvent tout à fait participer. L’entraide mutuelle signifie que chacun apporte selon ses capacités du moment.
Comment adhérer à un GEM ?
La procédure d’adhésion est volontaire et simplifiée. La personne intéressée :
- Prend contact avec le GEM (par téléphone, mail ou visite directe)
- Rencontre un membre ou l’équipe de coordination pour discuter de la vie du groupe
- Signe une adhésion simple (formulaire d’adhésion)
- Paie une cotisation annuelle (généralement de 20 à 100 € selon le GEM)
- Commence à participer aux activités, au rythme qu’elle souhaite
Aucun certificat médical n’est requis. Aucun diagnostic à prouver. L’engagement se fait sur la base du volontariat et du respect des règles de vie commune.
La personne en situation de handicap psychique n’est pas obligée de participer à toutes les activités dès le départ. Elle peut assister à quelques réunions pour faire connaissance, puis augmenter progressivement son implication en fonction de sa situation et de ses envies.
Les bénéfices d’un GEM pour la santé mentale
Participer à un GEM offre plusieurs bénéfices reconnus sur le plan psychologique et social :
Rupture de l’isolement social
Le handicap psychique entraîne souvent une forme d’isolement : difficulté à maintenir des liens sociaux, culpabilité, honte, retrait progressif. Un GEM crée un espace de vie collective où la personne n’est pas jugée, où elle se sent comprise par d’autres vivant des situations similaires.
Reconstruction de l’estime de soi
En participant activement aux décisions, en contribuant à des projets collectifs, en recevant de l’aide et en la donnant aux autres, la personne retrouve un sentiment de compétence et de valeur. Elle n’est pas réduite à son diagnostic, mais reconnue comme une personne capable d’apporter aux autres.
Empowerment et autodétermination
Contrairement à un hôpital de jour où les professionnels décident des activités, en GEM, la personne co-construit son parcours. Cela renforce son autonomie et son pouvoir d’agir sur sa propre vie.
Soutien par les pairs
Les autres adhérents, ayant vécu des situations similaires, offrent un soutien authentique et non condescendant. Cette reconnaissance mutuelle est souvent plus bénéfique que le discours professionnel.
Selon l’enquête nationale de la FGEM (Fédération Française des GEM), 78 % des adhérents rapportent une amélioration de leur bien-être psychologique après 6 mois de participation. 82 % déclarent que le GEM les aide à rompre l’isolement. 65 % développent de nouvelles compétences ou loisirs grâce au GEM.
Les GEM et les autres dispositifs de soutien
Un GEM ne remplace pas le suivi médical ou psychiatrique, mais le complète. La personne en situation de handicap psychique peut et doit continuer à bénéficier de :
- Un suivi psychiatrique régulier (psychiatre ou médecin généraliste)
- Un traitement médicamenteux si nécessaire
- Un centre médico-psychologique (CMP) ou un hôpital de jour
- Un accompagnement social (assistante sociale, travailleurs sociaux)
Le GEM est un complément essentiel : il offre ce que le système médical seul ne peut pas fournir, à savoir l’inclusion sociale et l’entraide entre pairs.
Participer à un GEM n’annule pas la nécessité d’un suivi médical. Une personne en situation de handicap psychique devrait idéalement combiner : son suivi psychiatrique, un accompagnement social si nécessaire, et la participation à un GEM pour l’insertion sociale et l’entraide mutuelle.
Localiser un GEM près de chez soi
Trouver un GEM dans sa région est maintenant simple. Plusieurs ressources existent :
La Fédération Française des GEM (FGEM)
La FGEM fournit un annuaire national des GEM avec contact, localisation et informations sur chaque groupe. C’est la source la plus fiable pour trouver un GEM en France.
- Site web de la FGEM : fédération-gem.org (actuellement en reconstruction)
- Téléphone : recherche régionale via les MDPH
Les MDPH et maisons France Services
Les MDPH locales disposent de la liste des GEM de leur département. La personne peut contacter la MDPH par téléphone, mail ou visite directe pour demander les coordonnées des GEM les plus proches.
De plus, certaines maisons France Services ont également cette information.
Les hôpitaux de jour et CMP
Le personnel du CMP ou de l’hôpital de jour peut recommander un GEM adapté et faciliter le premier contact.
Les associations de parents et patients
Les associations spécialisées dans le handicap psychique (France Dépression, Unafam, Psycom, etc.) disposent également de ressources et peuvent orienter vers des GEM.
L’essentiel à retenir
Un GEM est une association créée par et pour les personnes en situation de handicap psychique, reposant sur l’entraide mutuelle et l’autodétermination. Le fonctionnement quotidien repose sur des activités variées (loisirs, ateliers, sorties, convivialité) et une gouvernance participative. L’adhésion est simple, volontaire, sans sélection médicale. Les GEM offrent une rupture d’isolement, une amélioration de l’estime de soi, et un véritable soutien par les pairs. Ils complètent le suivi médical sans le remplacer. Chaque département dispose généralement de plusieurs GEM ; il est possible de trouver le plus adapté via la MDPH locale.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Faut-il une ordonnance médicale pour adhérer à un GEM ?
Non. L’adhésion à un GEM est entièrement volontaire et libre d’accès. Aucune prescription médicale, aucune orientation MDPH, aucun certificat médical n’est requis. Seul le désir de la personne de participer compte.
Un GEM peut-il remplacer un hôpital de jour ou un CMP ?
Non. Un GEM complète mais ne remplace pas le suivi médical et psychiatrique. La personne en situation de handicap psychique doit continuer à bénéficier d’un suivi psychiatrique régulier, d’un traitement si nécessaire, et d’un accompagnement social. Le GEM offre ce qui manque au système médical : l’inclusion sociale et l’entraide entre pairs.
Combien coûte l'adhésion à un GEM ?
La cotisation annuelle varie selon le GEM, généralement entre 20 et 100 euros. Certains GEM proposent des tarifs réduits ou gratuits pour les personnes sans ressources. Le coût est dégressif pour les familles adhérant ensemble.
Peut-on participer à un GEM en cas de crise ou de rechute psychique ?
Oui, absolument. Un GEM n’exclut pas les personnes en difficulté momentanée. L’entraide mutuelle signifie que chacun participe selon ses capacités du moment. Une personne en rechute peut réduire sa participation temporairement, puis revenir à un rythme normal.
Y a-t-il des GEM dans toutes les régions ?
La présence des GEM varie selon les régions. Certains départements en ont plusieurs, d’autres peu ou pas du tout. Il est recommandé de contacter la MDPH locale ou la Fédération Française des GEM pour connaître l’offre dans sa région.
Peut-on combiner participation à un GEM et emploi ou études ?
Oui. Beaucoup d’adhérents travaillent ou étudient. Les activités du GEM sont souvent proposées en fin d’après-midi ou le week-end, permettant de concilier participation au GEM et activité professionnelle ou scolaire.
Besoin d’aide pour trouver un GEM ?
Notre équipe peut vous aider à localiser un GEM adapté à votre situation et à comprendre comment y adhérer.
Témoignages
— Thomas, 35 ans, atteint d'une dépression chroniqueFranchement, avant le GEM j’étais complètement isolé chez moi. Je voyais que mon psy et personne d’autre. Au GEM j’ai rencontré des gens qui vivent la même chose que moi, sans se sentir jugé. On fait des activités sympas, on discute, on s’aide. C’est vraiment différent d’un hôpital où c’est des professionnels qui décident pour toi. Là c’est nous qui on dit ce qu’on veut faire.
— Valérie, 52 ans, mère d'une jeune femme schizophrèneMa fille a commencé le GEM avec beaucoup de réticences, elle avait peur de faire connaissance. Mais au bout d’un mois elle était déjà plus souriante, plus motivée. Elle dit qu’au GEM on ne la regarde pas comme une malade, juste comme quelqu’un avec qui partager des trucs. Et moi ça m’a soulagée de savoir qu’elle avait un endroit pour sortir et des gens autour d’elle.
— Pierre, 41 ans, troubles bipolaires, adhérent GEM depuis 3 ansCe que j’aime au GEM c’est qu’on est vraiment impliqué dans les décisions. On vote sur les activités, on peut proposer des projets, il y a un conseil d’admin’ d’adhérents. C’est pas un truc où des externes te disent « voilà vous allez faire ça ». Et honnêtement ça m’a vraiment aidé à reprendre confiance en moi, à sentir que j’avais quelque chose à apporter aux autres.



